La Rédaction
Démocratie Participative
\n18 septembre 2779 (“2026”)
Je propose de bâtir les États-Unis d’Europe. pic.twitter.com/c7IthwjXhp
— Gabriel Attal (@GabrielAttal) September 17, 2026
Je suis moi aussi pour des États-Unis d’Europe. Ou plutôt, pour un État européen. Il serait, je pense, très différent de ce qu’entrevoit Gabriel Attal, ne serait-ce qu’en terme de genre.
Je tiens à clarifier les choses : Attal n’a aucunement l’intention de “bâtir les États-Unis d’Europe”. Une telle construction politique aurait pour premier effet de le priver, s’il était président, de sa fonction, l’État français devant céder à un échelon fédéral. S’il y a bien quelque chose que les politiciens refusent avec constance et détermination, c’est bien d’organiser leur propre liquidation.
Ce que fait Attal est un exercice de communication visant à le singulariser face à Philippe qui sait très bien, justement, que personne à Paris ne voudra jamais une Europe fédérale. Philippe est également contraint par la droite gaulliste représentée par Retailleau qui ne manquerait pas de l’attaquer s’il faisait de même.
Je dois dire que c’est bien pensé, mais très mal exécuté : Attal est irrémédiablement homosexuel, juif. Il est dénué de charisme et sa voix de minet aggrave encore le tableau. Pour unifier l’Europe, il faudrait un Bismarck, un Garibaldi, un Bonaparte. Attal ne tombe pas exactement dans cette catégorie d’homme, à supposer qu’il en soit un pour commencer.
Surtout, une telle Europe fédérale ne se décide pas à Paris, ni à Bruxelles ou à Berlin : il faudrait que les composantes de l’UE, ses états membres, le veuillent. Or, s’il y a quelque chose qu’ils expriment en permanence, sur tous les sujets, c’est bien leur refus d’agir autrement que comme des nains à la botte de Washington.
Quand les Européens entendent des Français parler d’Europe fédérale, ils savent que c’est d’une Europe française qu’il s’agit, au service des intérêts français. L’ennui, c’est qu’un système fédéral, par définition, suppose d’être équitable pour toutes les parties.
Nous ne sommes plus sous Napoléon, personne en Europe ne veut d’une Europe française, ou d’une Europe polonaise, allemande, etc.. C’est pour cela que rien ne se produit politiquement : les Européens ne parviennent à s’entendre que sur ce qui les divise. L’Europe peut donc décliner à une vitesse de plus en plus rapide face aux deux colosses que sont l’Amérique et la Chine qui n’ont qu’un centre de pouvoir.
Pour exister mondialement, il faudrait une Europe unifiée sous un seul gouvernement capable de mobiliser toutes les ressources continentales au terme d’un plan stratégique. La Russie ou même l’Inde ont plus de poids dans le système international que l’UE de ce seul fait. C’est impossible avec 27 gouvernements, a fortiori dirigés par des incompétents.
C’est l’occasion de dénoncer une des vieilles lunes du souverainisme, le “complot boche” : ceux qui refusent plus que tout autre le fédéralisme européen sont les Allemands. Un gouvernement fédéral, pour fonctionner, devrait être financé et les Allemands, première puissance économique continentale, en seraient par définition les créanciers : ils n’ont aucune envie de payer des Grecs, des Calabrais ou des Andalous à ne rien foutre.
Ou des Français. Il suffit de regarder la façon dont la France est gérée pour convenir que les Allemands ont parfaitement raison de se tenir à bonne distance.
C’est d’ailleurs la preuve par l’absurde de l’ineptie du raisonnement souverainiste : l’Allemagne serait tout à la fois la force derrière la fédéralisation de l’UE et l’obstacle chauvin qui bloquerait systématiquement toute initiative européenne à caractère fédéral, comme on l’a vu avec l’abandon du SCAF.
Si les Allemands avaient accepté, les souverainistes auraient hurlé à la trahison. Après avoir refusé, ils les ont accusés d’empêcher toute “autonomie européenne” à laquelle ils s’opposent objectivement en tant que souverainistes.
Ces vilains souverainistes peuvent dire tout et le contraire de tout sur le même sujet car là n’est pas le fond de ce qu’ils sont : ils vivent mentalement en 1913 pendant que des nègres sautent leurs filles.
Partant, ils ne servent à rien.
Les Allemands sont actuellement lancés dans un virage national pur et dur, faisant systématiquement obstacle au pseudo fédéralisme de Macron. Les Allemands veulent organiser l’Europe centrale et l’Europe du nord autour d’une Allemagne qui renoue avec une politique de puissance. L’UE n’en sera qu’une toile de fond secondaire, rien de plus.
Dans de telles conditions, aucune Europe fédérale ne peut exister. Ce sera, tout au plus, une UE très confédérale — “l’Europe des états” chère aux souverainistes — dans laquelle l’Allemagne, en tant qu’État, sera bien plus puissante en 2035 qu’elle ne l’est aujourd’hui, notamment au plan militaire. Personne n’y pourra rien, que ce soit en y restant ou en sortant.
Il restera l’option de l’alliance avec les ruines de l’Angleterre dominée par les Pakistanais. J’ai bon espoir de voir les souverainistes la proposer d’ici peu.
Le maire de Londres, Sir Sadiq Khan, est désormais Lord Sadiq Khan après avoir prêté serment
Mayor of London Sir Sadiq Khan now Lord Sadiq Khan after swearing oath pic.twitter.com/Mbfnjyb6zX
— BlueGreen Planet (@De_le_Vega) September 16, 2026
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