La Rédaction
Démocratie Participative
\n21 janvier 2026
Dans l’émission d’hier, nous avons abordé l’amalgame de peuples qui forment la Turquie moderne.
Derrière le vernis religieux officiel d’un pays, des lignes de force raciales, parfois contradictoires, sont à l’oeuvre et contribuent profondément à façonner son comportement.
Notre auditeur Le Rexiste nous a transmis cette vidéo qui résume la carte ethno-raciale de la Turquie contemporaine. On y voit que le patrimoine génétique des Grecs et des Turcs occidentaux est pour ainsi dire similaire.
Le nationalisme turc se décompose en courants divers, parfois radicalement incompatibles.
Le courant pantouraniste “Türkçü ırkçılar” met l’accent sur la pureté du sang turcique et l’unité raciale turque à travers l’Eurasie. Il distingue le sang centre-asiatique turc du sang mongol. Il est radicalement anti-islam (assimilé à une religion arabe incompatible avec la race turque), laïque et prône un retour au polythéisme ancestral turc. Ce courant est marginal et principalement intellectuel.
Le courant des Loups gris (“Bozkurtlar”) est pantouraniste, met l’accent sur l’ethnicité turcique, mais n’est pas explicitement raciste. Il revendique son adhésion à l’islam comme religion “traditionnelle” des Turcs, mêlant unité islamique et unité ethnique. Ce courant est structuré et très influent au sein du parti MHP, principal parti d’extrême-droite de Turquie, qui compte près d’un demi million de membres.
Son siège est à Ankara :
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Le courant tengriste, prônant le retour au polythéisme turcique, n’est pas explicitement politique. Il rejette l’islam, est considéré comme “hérétique” par les islamo-nationalistes et reste intellectuel et très marginal. Il est développé par des petits cercles de jeunes nationalistes turcs, surtout en ligne.
Le phénomène est à contextualiser : la pratique religieuse s’est effondrée chez les Turcs de moins de 30 ans (seulement 20% font la prière quotidiennement) avec près de 30% se déclarant “sans religion”. Paradoxalement, les 20 ans de règne de l’AKP islamiste d’Erdogan ont grandement accéléré la désislamisation des nouvelles générations, démontrant que le kémalisme a largement réussi à séculariser l’État et la société, malgré une pratique qui reste forte chez les générations plus âgées et rurales.
Les zones les moins islamiques aujourd’hui sont les zones côtières de Méditerranée, notamment à Antalya, une ville très exposée au tourisme européen, mais aussi la Thrace, la partie européenne de la Turquie.
L’identité turcique de la Turquie actuelle est essentiellement une construction politique et linguistique plus qu’une réalité raciale : en moyenne, les Turcs ont 10% de sang asiatique, soit autant que de sang aryen (Yamnaya).
Cette vidéo tournée à Istanbul montre assez bien l’hétérogénéité raciale du pays et les phénotypes influencés par le sang européen que l’on trouve dans sa partie la plus occidentale.
Le sémitisme mental qu’est l’islam continue cependant d’arrimer la Turquie au monde moyen-oriental, bien qu’elle tente régulièrement de se démarquer en prétendant paradoxalement prendre son leadership : le message implicite étant que les Arabes sont trop idiots pour diriger le monde islamique (c’est vrai).
Le deal des Occidentaux jusqu’à présent avec les Turcs est qu’il tienne, aux côtés “d’Israël”, cette immense cloaque racial sous contrôle.
Ceci dit, tout ça est largement du théâtre. Même Erdogan ne dit pas non à une soirée amicale avec des travelos comme Bülent Ersoy (à gauche). Ça ne perturbe pas davantage sa femme, aussi voilée que possible.


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