Irak : une cinquantaine de djihadistes “français” demandent à rentrer en France pour échapper à la peine de mort

La Rédaction
Démocratie Participative
\n19 septembre 2779 (“2026”)

Prison Al-Karkh, Bagdad

Nos compatriotes de l’État Islamique veulent revenir en France. Ils ont le mal du pays.

Le Parisien :

Depuis leur transfert discret de la Syrie vers l’Irak à l’été 2025, une cinquantaine de djihadistes français se savaient sous la menace d’un procès. Mais aucune date n’avait jusqu’ici été annoncée. Sans le coup de fil d’un de ces hommes à sa sœur cette semaine, l’information aurait pu rester confidentielle.

Ce détenu, incarcéré à la prison Al-Karkh de Bagdad, a informé ses proches que les comparutions des ressortissants européens débutaient ce dimanche 20 septembre devant la cour pénale centrale de la capitale irakienne.

« C’est incroyable de l’apprendre de cette manière », s’offusque Me Matthieu Bagard qui, avec sa consœur Me Marie Dosé, défend 29 de ces hommes. « On a le sentiment que les autorités françaises attendaient que les procès se déroulent. Nous n’aurions été informés qu’après-coup. Pourtant, nul n’ignore l’iniquité de ces audiences. »

Sitôt alerté, Me Bagard a adressé un courriel en urgence, mercredi, à la Direction des Français à l’étranger (DFAE) du Quai d’Orsay afin d’obtenir une confirmation de « cette information extrêmement préoccupante » et, si possible, la date de comparution des ressortissants qu’il assiste afin de les défendre sur place. Au sein de cette liste, on retrouve des figures majeures de l’État islamique.

Me Bagard s’inquiète du sort judiciaire qui pourrait leur être réservé. « Au regard du risque très important de procès inéquitables et du prononcé inévitable de peines de mort, pouvez-vous (…) nous informer des mesures de protection que les autorités françaises entendent prendre ? » interroge l’avocat qui, avec Me Dosé, s’est rendu en janvier à Bagdad pour rencontrer une quinzaine de Français concernés. Un nouveau déplacement programmé en juillet a dû être annulé au dernier moment, faute d’autorisations.

Ce courriel n’a manifestement pas pris au dépourvu le Quai d’Orsay. « Nous avons été informés que des audiences concernant des ressortissants français pourraient avoir lieu à partir du 20 septembre 2026 », confirme mercredi après-midi un fonctionnaire de la DFAE, en réponse à la sollicitation de Me Bagard.

Dans son message, le diplomate ferme immédiatement la porte à une éventuelle présence des avocats français lors de ces audiences. « Bien que les autorités irakiennes vous autorisent, après intervention exceptionnelle de notre ambassade, à rendre visite à vos clients, elles ne reconnaissent pas à notre connaissance aux avocats français des détenus le droit de les représenter en Irak et d’intervenir dans les procédures locales qui les concernent. (…) Vous pouvez mandater des confrères irakiens, qui s’assureront de l’équité de ces procès, et vous transmettront les éléments de procédure », indique-t-il.

La situation indigne les avocats qui, dans un communiqué diffusé ce jeudi matin, rappellent les conditions dans lesquelles leurs clients sont détenus. « Nous avons (…) constaté les traitements inhumains et dégradants et les violences dont ils font l’objet. Nous avons également dénoncé aux autorités françaises la torture dont ils étaient victimes en Irak et le caractère arbitraire de ces procédures. Nous n’avons pas accès au dossier, nous n’avons pas le droit de leur parler en dehors de la présence des autorités irakiennes et les avocats commis d’office qu’ils ont pu voir durant dix minutes les ont insultés devant leurs geôliers », soulignent Mes Dosé, Bagard, Gamba-Martini, d’Humières et Vachon.

Nous devrions songer à faire juger nos criminels en Irak.

Le sujet porte ici sur les combattants de Daech capturés en Syrie lors de la chute du califat et qui, dans un premier temps, ont été détenus dans des prisons kurdes du nord-est de la Syrie. En juillet 2025, 47 ressortissants français ont été transférés en Irak, sans que l’information ne filtre en amont. Depuis, deux autres Français les ont rejoints ainsi que de jeunes majeurs ayant été emmenés, mineurs, par leurs parents, en terre de djihad. On estime donc à une cinquantaine le nombre de ressortissants concernés.

En 2018, onze djihadistes français avaient déjà été transférés de la Syrie vers l’Irak et condamnés à mort « au terme de procès ne respectant pas les exigences minimales du procès équitable garanties par l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme », rappellent les avocats dans leur communiqué. La peine de ces onze hommes a depuis été commuée en prison à vie.

En avril 2018, nous avions assisté au procès à Bagdad d’une jeune Française capturé sept mois plus tôt à Mossoul, après avoir rejoint l’État islamique sous la férule de son mari. Au terme d’une audience expéditive d’à peine vingt-cinq minutes, Djamila Boutoutaou avait été condamnée à 20 ans de prison. Le réquisitoire n’avait duré que trente secondes, et la plaidoirie de son avocat commis d’office deux minutes. En 2025, la justice française a ouvert une enquête sur ses conditions de détention en Irak.

Aux yeux des avocats engagés dans la défense des Français incarcérés à Bagdad, une seule solution s’impose : leur rapatriement en France, où leur cas est judiciarisé. Tous font l’objet de mandats d’arrêt, confirme une source judiciaire. Si plusieurs femmes retenues dans des camps en Syrie ont été rapatriées et sont progressivement jugées à Paris, les hommes détenus ne sont pas concernés. La France s’y refuse, rappelant la souveraineté de l’Irak et sa légitimité à juger des faits commis sur son sol.

Les avocats militent pour des rapatriements depuis plusieurs mois et soulignent dans leur communiqué que « les autorités irakiennes, comme les associations de victimes du terrorisme en France » appellent cette solution « de manière expresse ». Début septembre, Me Bagard, Dosé et Vachon ont introduit un recours devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour 25 de leurs clients afin d’obtenir ces retours.

J’ai bon espoir de voir cette cinquantaine de fanatiques musulmans revenir en France faire quelques années de prison, non sans avoir radicalisés des centaines de racailles détenues dans les prisons françaises.

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