La Rédaction
Démocratie Participative
\n17 septembre 2026

Le cardinal Kurt Koch a rappelé la nature juive du christianisme
Ce n’est pas le scoop de la semaine, mais l’insistance du Vatican mérite qu’on s’y arrête.
Soixante ans après la publication par le Concile Vatican II de la déclaration conciliaire Nostra aetate, le dicastère pour la Doctrine de la Foi, le dicastère pour la Promotion de l’Unité des Chrétiens et le dicastère pour le Dialogue interreligieux ont publié «Un chemin d’espérance».
Dans l’entretien accordé à Vatican News, le cardinal Kurt Koch, préfet du dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, évoque le désir de l’Église d’engager le dialogue avec les personnes d’autres confessions.
Quelle est l’importance, pour la foi chrétienne, de la conscience des racines juives? Quel chemin reste-t-il encore à parcourir pour que celles-ci soient redécouvertes?
«Scrutant le mystère de l’Église, le saint Concile rappelle le lien qui relie spirituellement le peuple du Nouveau Testament à la lignée d’Abraham.» C’est par ces mots que commence l’article 4 de Nostra Aetate; il souligne ainsi que la relation avec le peuple d’Israël, le peuple de l’Alliance, fait partie intégrante de la conception que l’Église catholique a d’elle-même, celle-ci ne pouvant se comprendre sans référence au judaïsme. C’est pourquoi Nostra aetate rappelle les racines juives de la foi chrétienne et évoque un «patrimoine spirituel commun» aux juifs et aux chrétiens. Ce patrimoine doit être rappelé et maintenu vivant aujourd’hui encore dans la catéchèse et l’annonce de l’Évangile. L’approfondissement de l’unité intime entre l’Ancien et le Nouveau Testament dans la pensée chrétienne et dans la liturgie de l’Église pourra y contribuer de manière essentielle.
L’antisémitisme gagne du terrain dans le monde. Quelle est la mission des chrétiens face à ce phénomène, à la lumière des enseignements de Nostra Aetate?
On ne peut pas être un bon membre de la famille si l’on n’apprécie pas et n’aime pas sa mère. Le judaïsme est la terre mère d’où a germé le christianisme. Le Concile condamne donc l’antisémitisme non seulement pour des raisons politiques, mais aussi par «charité religieuse évangélique». Cela signifie qu’il est impossible d’être disciple de Jésus-Christ et, en même temps, antisémite. Tous les Papes qui se sont succédé depuis le Concile Vatican II l’ont réaffirmé avec une grande conviction, et le pape Léon XIV l’a souligné une fois de plus.
Voilà qui met à nouveau les choses au clair : sans le judaïsme, ce que l’on appelle le “christianisme” n’existerait pas. Yeshua Ben Yosef, rabbi de Nazareth, n’a jamais fondé de religion, et encore moins le “christianisme”.
Circoncis au temple de Jérusalem, observant les mitsvot de la Torah, c’était un juif qui appelait à réformer le judaïsme de son temps, annonçant l’imminence de la fin du monde.
« Il leur dit encore : Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu’ils n’aient vu le royaume de Dieu venir avec puissance. »
Marc 9,1
Le Vatican va plus loin : la vocation de tout disciple du rabbi de Nazareth est, en toute logique, de servir les juifs en s’opposant à “l’antisémitisme”.
Quoi de plus normal pour ceux qui vénèrent celui qui se disait le “machiac’h”, le fils de Yahvé ?
Reste à savoir ce que ce fatras sémitique peut bien avoir à faire avec l’Europe ?
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