La juiverie en France, 640-720 (Partie 2)

La Rédaction
Démocratie Participative
\n21 septembre 2779 (“2026”)

 

Précédemment :

Entre 640 et 720, la documentation concernant les juifs dans l’espace de la France actuelle devient extrêmement réduite. Les communautés attestées dans plusieurs villes de Gaule aux siècles précédents cessent presque entièrement d’apparaître dans les sources franques. L’essentiel du dossier se concentre désormais en Septimanie, province située entre les Pyrénées et le Bas-Rhône et demeurée dans le royaume wisigothique jusqu’à la conquête musulmane du début du VIIIe siècle.

Trois ensembles documentaires permettent principalement de suivre cette population : le récit de la révolte de 673 par Julien de Tolède, l’inscription funéraire de Narbonne de 688/689 et les actes des conciles de Tolède concernant les juifs, notamment ceux réunis sous le roi Égica en 693 et 694. Une inscription découverte à Auch complète le dossier matériel, mais sa datation, comprise entre les Ve et VIIe siècles, ne permet pas de l’attribuer précisément aux années postérieures à 640.

La situation de la Septimanie présente une particularité fondamentale : ses juifs ne dépendent pas des rois francs mais des souverains wisigoths de Tolède. Leur statut est donc déterminé par la législation d’un royaume dans lequel la monarchie catholique et l’épiscopat collaborent étroitement depuis la conversion du roi Récarède en 589. Rome conserve une autorité religieuse considérable, mais le pape ne gouverne ni le royaume wisigothique ni ses conciles. Cette distinction devient essentielle lorsque la monarchie de Tolède adopte, au VIIe siècle, une politique envers les juifs beaucoup plus coercitive que celle formulée auparavant par certains papes.

1. Les implantations attestées

Stèle funéraire juive de Narbonne, 688-689 

1.1. Narbonne

La principale preuve matérielle est une inscription funéraire découverte à Narbonne et datée de la deuxième année du règne du roi wisigoth Égica, soit 688/689. Elle commémore trois enfants de Paragorius, lui-même fils de Sapaudus : Justus, mort à trente ans, Matrona, morte à vingt ans, et Dulciorella, morte à neuf ans. Le document fournit ainsi cinq noms appartenant à trois générations d’une même famille.

L’inscription est principalement rédigée en latin. Elle indique les liens de parenté, les âges des trois défunts et la date par année de règne. Elle comporte également la formule hébraïque *shalom ‘al Israel*, « Paix sur Israël », ainsi qu’un chandelier. Les noms de la famille appartiennent à l’environnement linguistique de l’Occident méditerranéen plutôt qu’à une nomenclature hébraïque.

C’est la seule attestation épigraphique juive actuellement connue dans la Gaule de cette période qui puisse être datée aussi précisément. Elle établit directement une présence juive à Narbonne à la fin du VIIe siècle et fournit une généalogie familiale sur trois générations.

1.2. Auch

Une seconde inscription juive a été découverte sur le site de Saint-Orens, près d’Auch. Le texte est latin mais se termine par le mot hébreu *shalom*. Il est accompagné d’une menorah et d’autres motifs interprétés comme appartenant au répertoire symbolique juif.

La pierre est généralement datée entre les Ve et VIIe siècles. Elle atteste donc une implantation juive ancienne à Auch, mais sa chronologie ne permet pas d’affirmer qu’elle appartient à la période postérieure à 640.

Aucune autre inscription ou découverte archéologique juive précisément datée entre 640 et 720 ne permet actuellement d’identifier avec la même certitude une autre implantation en Gaule.

1.3. Une population impossible à chiffrer

Aucun recensement ne permet de connaître le nombre de juifs vivant à Narbonne, en Septimanie ou dans l’ensemble de la Gaule. L’inscription de 688/689 atteste une famille sur trois générations ; les textes politiques et juridiques wisigothiques parlent parallèlement des juifs de la province comme d’un groupe collectif.

On ne peut en tirer aucune estimation numérique. Nous ignorons la proportion de juifs dans la population de Narbonne, leur répartition éventuelle dans les autres villes de Septimanie et l’importance des communautés qui auraient pu subsister dans les territoires francs.

3. Rome, les Wisigoths et la question juive

Le pape Grégoire Iet protège les juifs et fait persécuter les polythéistes d’Europe

3.1. La position du pape Grégoire le Grand

La politique pontificale qui précède immédiatement la période étudiée ici est particulièrement bien documentée sous Grégoire Ier, dit Grégoire le Grand, pape de 590 à 604. Grégoire souhaite, en théorie du moins, la conversion des juifs et considère le judaïsme comme une erreur religieuse, mais il condamne à plusieurs reprises l’emploi de la violence contre les juifs et leurs intérêts.

Cette question concerne directement la Gaule. En 591, informé que des juifs de Marseille ont été conduits au baptême par la contrainte, Grégoire écrit aux évêques Virgile d’Arles et Théodore de Marseille. Il leur demande de rechercher leur conversion par la prédication et non par la force.

Grégoire intervient également pour défendre certains droits reconnus aux communautés juives. À Terracine, vers 590-591, il reconnaît aux juifs le droit de disposer d’un lieu où célébrer leur culte. Lorsqu’une synagogue est jugée trop proche d’une église, il accepte son déplacement, mais ordonne qu’un autre emplacement soit fourni aux juifs afin qu’ils puissent y célébrer leurs cérémonies « sans empêchement ». Il interdit en même temps qu’ils soient « opprimés ou vexés sans raison » et invoque expressément la protection que leur accordent les lois romaines. Il intervient aussi contre la confiscation de synagogues. À Cagliari, lorsqu’un juif récemment converti au christianisme s’empare avec un groupe d’une synagogue, y installe une croix et une image de la Vierge, Grégoire condamne l’initiative. À Palerme, en 598, l’évêque Victor avait fait saisir puis consacrer des synagogues. Comme elles avaient déjà été transformées en églises, Grégoire estime qu’elles ne peuvent plus être rendues matériellement, mais ordonne d’indemniser les juifs pour leur valeur, ainsi que pour les dépendances et jardins saisis. Il exige également la restitution des livres et objets emportés.

Pour les cultes aryens, la logique papale est différente. Grégoire ne reconnaît aucun droit au maintien du culte. En Sardaigne, où des populations pratiquent encore les sacrifices traditionnels, il exige leur conversion et condamne les autorités qui tolèrent les sacrifices moyennant paiement. Dans une autre lettre, il va jusqu’à demander que les paysans polythéistes obstinés soient soumis à une charge fiscale suffisamment lourde pour les pousser à abandonner leur tradition. Sa fameuse lettre à l’abbé Mellitus, envoyée en 601 à propos de la mission d’Augustin en Angleterre, ordonne au contraire de transformer systématiquement les temples polythéistes en églises. Il ordonne de détruire les statues des dieux aryens, de “purifier” les temples avec de l’eau bénite, d’y dresser des autels et d’y déposer des reliques.

Cette position est importante pour comprendre la suite : la politique extrêmement coercitive qui se développe contre les juifs dans le royaume wisigothique au VIIe siècle ne découle pas d’un ordre pontifical venu de Rome. L’Église catholique protège au contraire les juifs tout en soutenant une répression très dure contre les populations polythéistes européennes.

3.2. Le tournant wisigothique

Le royaume wisigothique avait officiellement adopté le catholicisme sous Récarède au IIIe concile de Tolède de 589. À partir de cette époque, la monarchie et l’épiscopat développent progressivement leur propre législation envers les juifs.

Le tournant majeur intervient sous Sisebut, qui règne de 612 à 621. Entre 612 et 616 environ, le pouvoir impose la conversion des juifs du royaume. Cette politique crée une situation durablement confuse : une partie des personnes désignées ensuite comme « juives » dans les textes wisigothiques sont juridiquement chrétiennes puisqu’elles ont reçu le baptême, mais continuent ou sont accusées de continuer certaines pratiques judaïques.

Cette ambiguïté accompagne toute la législation du VIIe siècle. Lorsqu’un concile condamne les « juifs », il faut donc vérifier s’il vise des juifs demeurés officiellement dans leur religion, des convertis retournés au judaïsme ou les deux catégories.

4. Pourquoi les conciles de Tolède décident-ils du sort des juifs ?

Tolède

4.1. Une institution religieuse et politique

Les conciles de Tolède ne sont pas des conciles œcuméniques de l’Église universelle. Ce sont des assemblées du royaume wisigothique. Ils réunissent les évêques et peuvent également associer de hauts dignitaires laïcs du palais. Depuis la conversion de la monarchie wisigothique au catholicisme, ils interviennent dans des questions qui dépassent largement la seule théologie : discipline ecclésiastique, légitimité du souverain, succession, serments politiques, législation et ordre religieux du royaume.

Le roi joue un rôle central dans ce mécanisme. Il convoque les grands conciles et leur présente un ordre du jour exposant les questions qu’il souhaite voir examiner. Les évêques délibèrent et adoptent des canons. Les décisions peuvent ensuite être relayées par la législation royale.

Le système ne signifie pas que le roi commande mécaniquement aux évêques. L’épiscopat représente lui-même une puissance politique majeure et les relations entre souverains et prélats peuvent être conflictuelles. Mais, pour les grandes politiques religieuses du royaume, monarchie et épiscopat agissent généralement ensemble.

4.2. Quel rôle pour le pape ?

Le pape ne convoque pas les conciles nationaux de Tolède, ne les préside pas et son approbation préalable n’est pas nécessaire pour que le roi wisigothique applique leur législation dans son royaume.

Des relations existent naturellement avec Rome. Des lettres circulent, les questions doctrinales peuvent provoquer des échanges avec la papauté et l’autorité spirituelle du siège romain est reconnue. Mais l’Église wisigothique possède dans son gouvernement quotidien une autonomie considérable.

Il n’existe donc pas, au VIIe siècle, une chaîne administrative dans laquelle le pape donnerait ses instructions à Tolède, qui les transmettrait ensuite à Narbonne. Lorsqu’un concile wisigothique adopte des mesures concernant les juifs de Septimanie, l’initiative et la décision appartiennent d’abord au système politique et ecclésiastique du royaume wisigothique.

5. Les juifs dans la révolte de 673

L’élection de Wamba comme roi. Huile sur toile de Francisco de Paula Van Halen (1843)

5.1. La révolte contre Wamba

En 673, la Septimanie participe à une importante révolte contre le roi Wamba. Le duc Paul, envoyé initialement pour rétablir l’autorité royale, rejoint les insurgés et se fait proclamer roi. Narbonne constitue l’un des principaux centres de l’insurrection. Wamba mène une campagne dans la province, reprend les places contrôlées par les rebelles et achève la répression à Nîmes.

La principale source narrative contemporaine est l’*Historia Wambae regis* de Julien de Tolède. Des juifs apparaissent dans son récit dans l’opposition révolutionnaire au roi Wamba, signe d’une intense activité politique juive contre les rois wisigoths.

5.2. L’expulsion

Après la reconquête de la province, Wamba ordonne une mesure d’expulsion visant les juifs pour les punir d’avoir soutenu, sinon inspiré l’insurrection. Son efficacité à long terme est démentie par l’épigraphie.

L’inscription de Narbonne est datée de 688/689, quinze ou seize ans seulement après la révolte. À cette date, la famille de Paragorius enterre trois de ses membres dans la ville. Les documents ne permettent pas de déterminer si l’expulsion fut incomplètement exécutée, si les expulsés revinrent ou si de nouvelles familles s’établirent à Narbonne.

6. Égica et les conciles de 693-694

Une ancienne pièce d’or wisigothique du roi Egica

6.1. Qui est Égica ?

Égica devient roi des Wisigoths en 687 et règne jusqu’en 702. Son royaume comprend encore l’essentiel de la péninsule Ibérique et la Septimanie. Les habitants de Narbonne sont donc ses sujets et les décisions prises à Tolède peuvent s’appliquer directement à la province gauloise.

Son règne intervient après près d’un siècle de législation visant les juifs et surtout les convertis soupçonnés de judaïser. Égica ne crée donc pas cette politique, mais il la porte à un degré de sévérité particulièrement élevé.

6.2. Le 16ème concile de 693

Le 16ème concile de Tolède est réuni en 693. Il confirme et développe différentes dispositions antérieures concernant les juifs et les convertis judaïsants.

Le concile appartient pleinement au système décrit précédemment : Égica réunit l’épiscopat de son royaume et lui soumet les questions qu’il souhaite voir traiter. La politique adoptée est donc à la fois royale et conciliaire.

6.3. Le 17ème concile de 694

Le XVIIe concile se réunit à Tolède en novembre 694. Égica affirme avoir découvert une conspiration dans laquelle les juifs de son royaume auraient agi avec des juifs établis à l’étranger contre le pouvoir en place.

Il affirme que les juifs vivant dans son royaume sont entrés en relation avec leurs coreligionnaires établis in transmarinis partibus, « dans les régions d’outre-mer », généralement comprises comme l’Afrique du Nord. Le texte affirme qu’ils se sont concertés afin d’agir ensemble contre la monarchie germanique.

Le point particulièrement important est qu’Égica dispose d’aveux. Une formulation conservée par les actes affirme en substance que l’affaire avait été établie par la « confession manifeste » des intéressés : les Hébreux du royaume auraient reconnu s’être concertés avec ceux d’outre-mer afin d’agir conjointement contre le royaume.

Le canon 8 va encore plus loin dans la formulation de l’accusation. Les juifs sont accusés d’avoir voulu « ruiner la patrie et le peuple », d’avoir cherché, par leur conspiration, à s’emparer du pouvoir royal. Le contexte rend l’allusion à l’Afrique particulièrement intéressante. En 694, l’expansion musulmane atteint précisément une phase décisive en Afrique du Nord. Le gouverneur omeyyade Ḥassān ibn al-Nuʿmān mène alors les opérations qui conduisent à l’élimination des derniers grands centres de résistance byzantine dans la région. Pour le royaume wisigothique, l’apparition d’une grande puissance militaire musulmane de l’autre côté de la Méditerranée occidentale devient donc une réalité stratégique. L’activité subversive mise à jour par le roi wisigoth préfigure l’invasion arabe de la péninsule avec l’aide des juifs.

Les mesures sont extrêmement sévères. Les juifs concernés doivent perdre leurs biens et leur liberté. La mesure vise également à empêcher la continuation des pratiques judaïques.

 6.4. L’exception de la Narbonnaise

La province gauloise bénéficie cependant d’une exception. Le canon du 17ème concile exclut les juifs de Narbonnaise de l’application intégrale du régime imposé dans le reste du royaume.

La justification est liée à la situation de la province, dont les ressources ont été éprouvées. Les autorités ne veulent pas aggraver ses difficultés en supprimant brutalement l’activité économique de la population juive.

Ce texte fournit donc une information importante sur la communauté de Septimanie. Six ans après l’inscription de la famille de Paragorius, le pouvoir royal reconnaît implicitement que les juifs représentent dans la province un élément économique suffisamment important pour justifier une dérogation à une politique générale.

7. Les juifs et la conquête musulmane

À partir de 711, la conquête musulmane entraîne l’effondrement rapide du royaume wisigothique dans la péninsule Ibérique. Le témoignage le plus explicite du soutien juif à l’invasion musulmane est l’Akhbār Majmūʿa (« Recueil de traditions »), chronique arabe anonyme composée plusieurs siècles après les événements mais utilisant des traditions plus anciennes. Son récit fait intervenir les juifs à plusieurs reprises. Après la prise de Grenade, les musulmans y établissent une garnison composée de juifs et de musulmans ; la chronique précise que cette méthode était appliquée dans les villes où l’on trouvait une population juive. À Cordoue, après la conquête menée par Mughīth al-Rūmī, la population juive locale est laissée dans la ville avec un détachement musulman chargé de l’occuper et de la défendre. À Séville, après avoir repris la ville, Mūsā ibn Nuṣayr y laisse également une garnison juive avant de poursuivre sa campagne.

Le récit attribué à Ibn ʿIdhārī al-Marrākushī, historien maghrébin des XIIIe-XIVe siècles et auteur du Bayān al-Mughrib, donne un renseignement comparable pour Tolède. Selon lui, Ṭāriq trouve la capitale wisigothique presque abandonnée, à l’exception d’un petit nombre de juifs. Il les organise alors en unités avec une partie de ses propres hommes avant de repartir à la poursuite de ses troupes wisigothes. Il ne s’agit donc pas, dans cette tradition, de simples habitants bénéficiant passivement du changement de régime : ils participent au dispositif militaire d’occupation qui permet à Ṭāriq de poursuivre son offensive sans immobiliser l’ensemble de ses forces dans les villes conquises.

Bilan

Entre 640 et 720, Narbonne fournit l’essentiel de ce que nous savons directement des juifs dans l’espace français actuel. Les textes wisigothiques montrent l’existence d’une population juive reconnue comme groupe par les autorités du royaume.

Dans la Septimanie wisigothique, les juifs apparaissent dans la crise de 673, subissent une mesure d’expulsion qui ne met manifestement pas fin à leur présence, puis obtiennent en 694 une exception au moment où Égica et l’épiscopat imposent ailleurs une politique beaucoup plus radicale suite à une vaste conspiration organisée par les juifs d’Afrique du Nord au profit des musulmans.

En 711, la conquête islamique de l’Espagne fait disparaître le système politique qui avait produit les mesures antijuives de 693-694. En 719-720, Narbonne, en Gaule, passe sous l’autorité des gouverneurs musulmans dépendant d’al-Andalus. La Septimanie juive devient la base de départ des opérations militaires islamiques contre la Gaule franque.

Sources :

  • Inscription juive de Narbonne — Théodore Reinach — 1889.
  • Inscription juive d’Auch — Théodore Reinach — 1889.
  • Étude sur la condition des Juifs de Narbonne du Ve au XIVe siècle — Jean Régné — 1912.
  • Registrum epistolarum — Grégoire le Grand — 590-604.
  • Historia Wambae regis — Julien de Tolède — vers 675-680.
  • Actes du XVIe concile de Tolède — évêques du royaume wisigothique, sous Égica — 693.
  • Actes du XVIIe concile de Tolède — évêques du royaume wisigothique, sous Égica — 694.
  • Chronique de 754 (Chronica Muzarabica) — auteur anonyme — 754.
  • Akhbār Majmūʿa — auteur anonyme — Xe-XIe siècle.
  • Kitāb Futūḥ Miṣr wa-l-Maghrib wa-l-Andalus — Ibn ʿAbd al-Ḥakam — IXe siècle.
  • Taʾrīkh iftitāḥ al-Andalus — Ibn al-Qūṭiyya — Xe siècle.
  • Al-Bayān al-Mughrib — Ibn ʿIdhārī al-Marrākushī — début du XIVe siècle.
  • Nafḥ al-ṭīb — al-Maqqarī — XVIIe siècle.
  • Concilios visigóticos e hispano-romanos — José Vives, Tomás Marín Martínez et Gonzalo Martínez Díez — 1963.
  • The Jews of Moslem Spain — Eliyahu Ashtor — 1973-1984.
  • The Jews and the Muslim Conquest of Spain — Norman Roth — 1976.
  • Jews, Visigoths, and Muslims in Medieval Spain: Cooperation and Conflict — Norman Roth — 1994.

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