La Rédaction
Démocratie Participative
\n18 mai 2026
La Péninsule Ibérique occupe une position unique en Europe : extrémité sud-ouest du continent, elle forme un pont naturel entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Séparée de celle-ci par le détroit de Gibraltar, elle a connu au cours des millénaires des flux de populations venus du nord (steppe eurasiatique, Europe centrale), de l’est (Méditerranée) et, de manière plus limitée, du sud. Malgré ces contacts, le profil génétique des Ibères modernes reste majoritairement européen, construit autour d’un substrat ancien profondément transformé par l’arrivée massive d’ascendance steppique à l’Âge du Bronze. Des gradients régionaux persistants — particulièrement un axe ouest-est pour la composante nord-africaine — témoignent de cette histoire complexe.
Partie 1 : Les fondations préhistoriques
Les bases raciales et génétiques de la Péninsule Ibérique se forment dès le Paléolithique supérieur et se consolident au cours du Néolithique et de l’Âge du Bronze (-10 000 / -800). Contrairement à une vision statique, les données paléogénétiques révèlent une succession de remplacements et de mélanges qui aboutissent à un substrat européen dominant.
1.1 Les chasseurs-cueilleurs du Paléolithique et du Mésolithique
Les premiers habitants modernes de l’Ibérie sont des chasseurs-cueilleurs issus des populations occidentales. Ces groupes, présents dès le Paléolithique supérieur après le dernier maximum glaciaire, montrent une certaine diversité régionale : les lignées du nord-ouest (futur Galice, Portugal, Asturies) conservent souvent des profils plus proches des chasseurs-cueilleurs atlantiques, tandis que le sud-est présente déjà des influences légèrement différentes. Leur contribution globale à l’ADN des Ibères modernes reste faible (généralement inférieure à 10-15 %), mais elle constitue le fond le plus ancien. Ces populations se caractérisaient par une pigmentation relativement claire pour l’époque et des adaptations aux environnements européens tempérés.
1.2 L’arrivée des agriculteurs anatoliens (Néolithique, ~5500-4000 av. J.-C.)
Vers le VIe millénaire avant J.-C., des populations d’agriculteurs originaires d’Anatolie arrivent par voie maritime et terrestre. Ils introduisent l’agriculture, l’élevage et la poterie cardiale. Ces agriculteurs, porteurs d’une ascendance majoritairement anatolienne-néolithique avec une petite composante levantine, se mélangent progressivement aux chasseurs-cueilleurs locaux. Ce mélange forme la base méditerranéenne de la Péninsule. Dans le nord et l’intérieur, le substrat chasseur-cueilleur reste plus perceptible ; dans le sud et sur les côtes, la composante anatolienne domine davantage.
1.3 La grande transformation de l’Âge du Bronze : l’apport aryen

Autour de 2500-2000 av. J.-C., un événement majeur bouleverse le paysage génétique ibérique : l’arrivée massive de populations aryennes associées à la culture campaniforme porteuses d’ascendance steppique. Selon Olalde et al. (2019), cette composante steppique représente en moyenne environ 40 % de l’ascendance dans la majeure partie de l’Ibérie à l’Âge du Bronze. Ce n’est pas un simple flux : on observe un remplacement presque complet des lignées paternelles (Y-chromosome), passant majoritairement à l’haplogroupe R1b-M269, typique des populations indo-européennes d’origine steppique. Cet apport aryano-steppique introduit des traits phénotypiques associés à une plus grande stature moyenne, une pigmentation plus claire des cheveux et des yeux dans certaines régions, et des structures sociales plus hiérarchisées et guerrières. Il marque la véritable formation du profil européen continental de l’Ibérie. Les régions du Nord et du Centre absorbent cet apport de manière particulièrement forte.
1.4 Premiers contacts avec l’Afrique du Nord
Dès la fin du IIIe millénaire av. J.-C., Olalde et al. (2019) détectent des signaux sporadiques d’ascendance nord-africaine (proche des Iberomaurusiens ou des populations maghrébines anciennes) dans certains échantillons du sud de l’Ibérie. Ces contacts restent limités à cette période et ne représentent qu’une fraction mineure. Ils préfigurent cependant les échanges méditerranéens futurs sans remettre en cause le caractère majoritairement européen du peuplement.
1.5 Les Basques : un conservatoire de l’Âge du Fer
À la fin de l’Âge du Bronze et à l’Âge du Fer, les populations du nord de l’Ibérie, ancêtres des Basques actuels, conservent un profil génétique plus proche des Ibères pré-aryens tardifs, avec une moindre dilution ultérieure. Les Basques modernes apparaissent comme l’un des groupes les plus proches des anciens habitants de l’Ibérie avant la conquête aryenne. Ils constituent un « conservatoire » précieux, avec une très faible composante nord-africaine.
1.6 La conquête celtique (~900 – 200 av. J.-C.)

Après la consolidation de la conquête aryenne à l’Âge du Bronze, l’Âge du Fer voit arriver de nouvelles vagues de populations d’origine celtique en provenance d’Europe centrale et atlantique. Ces groupes s’installent principalement dans le nord, le centre et l’ouest de la Péninsule, donnant naissance aux peuples celtibères (mélange de Celtes et d’Ibères autochtones), aux Gallaeci en Galice, aux Astures, Cantabres et Lusitaniens.
Génétiquement, cette « conquête celtique » ne constitue pas un remplacement majeur comme celui de l’Âge du Bronze, mais plutôt un renforcement de l’ascendance aryenne déjà présente, accompagné d’un apport culturel important : langues celtiques (dans une grande partie de l’Ibérie non ibérique), traditions guerrières, organisation clanique et métallurgie du fer. Olalde et al. (2019) montrent une continuité génétique globale entre l’Âge du Bronze tardif et l’Âge du Fer, avec cependant une différenciation régionale accrue : les populations du nord-ouest (futurs Galiciens et Nord-Portugais) et du plateau castillan absorbent davantage cette influence celtique, tandis que le sud-est reste plus « ibérique » (pré-celtique) et que les ancêtres basques conservent une plus grande singularité.
Cette période renforce le caractère indo-européen de la majeure partie de l’Ibérie et contribue à la diversité ethnique observée à l’arrivée des Romains. Elle explique en partie pourquoi certaines régions (Galice, nord du Portugal, Castille) présentent historiquement des traits culturels et parfois phénotypiques plus « atlantiques » ou « celtiques » (plus grande stature moyenne, pigmentation légèrement plus claire dans certains groupes), même si le substrat génétique reste dominé par les apports antérieurs.
Partie 2 : Antiquité et apports classiques
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Après la grande transformation aryenne de l’Âge du Bronze, la Péninsule Ibérique entre dans l’histoire écrite tout en conservant un substrat génétique majoritairement européen. Les influences méditerranéennes et nord-africaines restent limitées et concentrées géographiquement, tandis que les apports nord-européens renforcent le caractère continental de certaines régions.
2.1 Influences phéniciennes, puniques et premiers contacts méditerranéens (~900-200 av. J.-C.)
À partir du IXe siècle av. J.-C., les Phéniciens établissent des comptoirs commerciaux (Gadir/Cadix, Malaga, etc.) sur les côtes sud et sud-est. Les Puniques (Carthaginois) exercent ensuite une influence plus marquée, notamment pendant les guerres puniques. Ces contacts introduisent un flux génétique modéré en provenance du Levant et d’Afrique du Nord. Selon Olalde et al. (2019), ces apports restent localisés principalement dans le sud et ne modifient que marginalement le profil génétique global de la Péninsule. La majorité des populations de l’intérieur et du nord conservent un fort ancrage dans le peuplement aryen de l’Âge du Bronze.
2.2 La période romaine (206 av. J.-C. – 409 ap. J.-C.)
L’intégration de l’Hispanie à l’Empire romain entraîne une période d’urbanisation, de mobilité et d’échanges accrus. Des flux de population en provenance du Proche-Orient, d’Italie et d’Afrique du Nord (notamment via l’esclavage et les garnisons) sont documentés. Olalde et al. (2019) observent, dans les échantillons de cette période, une augmentation modérée de l’ascendance méditerranéenne orientale et nord-africaine, particulièrement visible dans les régions méridionales et le long des axes commerciaux. Cependant, cet impact reste asymétrique : les régions du nord, du centre et de l’ouest (futurs Galice, Asturies, Castille) conservent un profil plus proche du mélange de l’Âge du Bronze dominé par la colonisation aryenne. Les lignées maternelles et paternelles européennes dominent encore largement, montrant que la romanisation fut davantage culturelle qu’un remplacement démographique massif.
2.3 L’invasion wisigothique et les royaumes germaniques (409–711 de notre ère)
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Les royaumes germaniques d’Europe occidentale et d’Afrique du Nord (5e siècle)
À partir du début du Ve siècle, les Wisigoths, peuple germanique originaire d’Europe centrale et du nord, s’installent en Ibérie à la faveur de la chute de l’Empire romain d’Occident. Ils fondent un royaume qui unifie progressivement la Péninsule. Génétiquement, cet apport renforce la composante nord-européenne et centro-européenne déjà présente. Olalde et al. (2019) détectent dans les échantillons post-romains une continuité globale avec un léger enrichissement en ascendance liée aux populations de la steppe et d’Europe du Nord. Les élites wisigothiques exercent une influence culturelle et démographique disproportionnée, particulièrement dans le nord et le centre. Cet apport germanique contribue à maintenir et même à consolider le caractère européen de l’Ibérie face aux influences méditerranéennes-orientales accumulées durant la période romaine.
2.4 Émergence précoce des gradients régionaux
Dès la fin de l’Antiquité, les différences régionales se dessinent clairement :
- Le nord et le nord-est (futur Pays Basque, Catalogne, Aragon) conservent un profil plus européen avec une très faible composante nord-africaine.
- L’ouest (Galice, Portugal, Léon) montre une plus grande sensibilité aux flux atlantiques et méditerranéens.
- Le sud accumule davantage d’influences orientales et nord-africaines via les routes maritimes.
Ces gradients, déjà perceptibles à la fin de la période wisigothique, préfigurent la carte génétique moderne mise en évidence par Bycroft et al. (2019).
Partie 3 : Période islamique, Reconquista et formation de l’Ibérie moderne
La période qui s’étend de 711 à nos jours représente le chapitre le plus discuté de l’histoire génétique ibérique. Elle voit un apport nord-africain significatif mais circonscrit, suivi d’un processus de reconquête et de repeuplement qui réduit fortement cette composante et consolide le caractère européen de la Péninsule.
3.1 La conquête arabo-berbère (711 et siècles suivants)
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L’Ibérie en 732, province de l’empire des Omeyyades
En 711, les forces omeyyades, composées majoritairement de Berbères d’Afrique du Nord et de contingents arabes, envahissent la Péninsule avec l’aide notable des juifs d’Espagne. Au cours des siècles suivants, al-Andalus devient un territoire sous domination musulmane. Génétiquement, cette période introduit une nouvelle vague d’ascendance nord-africaine, principalement berbère avec une composante levantine. Olalde et al. (2019) observent, dans les échantillons médiévaux, une augmentation de cette ascendance nord-africaine, plus marquée dans le sud et dans certaines zones de l’ouest. Cependant, même à son apogée, cet apport reste minoritaire à l’échelle de la Péninsule et très inégalement réparti. Les régions du nord (Asturies, Cantabrie, Pays Basque) restent largement en dehors de cette influence, servant de refuge aux populations chrétiennes.
3.2 La Reconquista et les expulsions des Morisques
À partir du VIIIe siècle, les royaumes chrétiens du Nord lancent la Reconquista, un processus militaire, démographique et culturel qui culmine avec la chute de Grenade en 1492. Ce mouvement s’accompagne de repeuplements massifs depuis le nord vers les territoires reconquis (repoblación). Les expulsions successives des Morisques (musulmans convertis et leurs descendants) aux XVIe et XVIIe siècles réduisent encore davantage l’ascendance nord-africaine. Bycroft et al. (2019) montrent que le signal génétique nord-africain moderne est le résultat de ces apports médiévaux partiellement dilués par la Reconquista et les politiques ultérieures. Le repeuplement nordique a eu pour effet de renforcer le substrat européen dans de nombreuses régions.
3.3 Composition génétique par région

Influence génétique marocaine en Espagne
Les analyses génomiques modernes révèlent une structure fine et non homogène de la Péninsule Ibérique. Le substrat de base reste partout majoritairement européen. La principale variation concerne la composante nord-africaine, qui suit un gradient ouest-est caractéristique.
Par région (estimations approximatives consolidées) :
- Pays Basque et nord-est (Cantabrie, Aragon, Catalogne orientale) : ascendance nord-africaine quasi nulle (0–2 %). Profil le plus proche des populations de l’Âge du Fer, avec une forte proportion d’ascendance aryenne. Les Basques constituent le conservatoire le plus marqué de l’ancien substrat ibérique.
- Galice et nord-ouest : niveaux les plus élevés, autour de 10–11 % d’ascendance nord-africaine (parfois cités jusqu’à ~14 %). Paradoxalement élevés dans une région peu occupée durablement par les musulmans, ce qui suggère des apports cumulés (préhistoriques, phénico-puniques et médiévaux).
- Nord du Portugal : niveaux modérés, généralement inférieurs à ceux du sud.
- Sud du Portugal : jusqu’à ~11 % (Hernández et al., 2019), similaire à la Galice et à l’ouest de l’Andalousie.
- Ouest de l’Andalousie (Huelva, etc.) et Extrémadure : ~9–11 %, parmi les plus élevés.
- Castille (centre) : niveaux intermédiaires (généralement 4–8 %), avec une plus grande variabilité selon les zones.
- Est et sud-est (Valence, Murcie, Catalogne) : plus faibles (2–6 % en moyenne), en cohérence avec le gradient ouest-est.
- Andalousie orientale : variable, souvent autour de 5–9 %, avec une influence méditerranéenne orientale supplémentaire liée à la période romaine et musulmane.
Ces pourcentages varient selon les méthodes et les proxies utilisés pour la composante nord-africaine (Marocains anciens, Saharawi, Iberomaurusien, etc.), mais le gradient ouest-est reste robuste.
3.4 Implications phénotypiques, culturelles et démographiques
Ces différences ancestrales se traduisent par des variations moyennes observables : pigmentation plus claire et traits plus continentaux au nord et chez les Basques, influences légèrement plus méditerranéennes-occidentales à l’ouest et au sud. Historiquement, la Reconquista a joué un rôle central dans la préservation d’un sentiment d’appartenance européenne face à l’Orient islamique. La cohésion nationale espagnole et portugaise s’est construite sur cette reconquête face à l’influence africaine et orientale.
Conclusion : la colonisation non-européenne (2026)
Alors que les gradients génétiques anciens reflètent des apports historiques limités et largement dilués, l’Espagne fait face depuis les années 2000 à une colonisation non européenne massive qui modifie rapidement la composition démographique du pays.
Au 1er avril 2026, selon l’INE (Estadística Continua de Población) :
- La population totale de l’Espagne atteint 49,687,120 habitants.
- Les personnes nées à l’étranger dépassent 10,15 millions, soit plus de 20,3 % de la population totale — un record historique.
- Parmi elles, la part non européenne représente environ 14 à 15 % de la population totale (le reste étant des Européens, principalement roumains, ukrainiens, etc.).
Les principales origines non européennes sont l’Amérique latine (Colombie, Venezuela, Pérou, Équateur en tête), l’Afrique du Nord (Maroc en premier) et l’Asie (Chine, Pakistan).
L’immigration non européenne se concentre massivement sur l’arc méditerranéen, Madrid et les îles, tandis que le nord et l’intérieur atlantique/castillan restent relativement préservés :
- Catalogne : très forte concentration (près de 2 millions de nés à l’étranger). mix important latino-américain + africain + asiatique.
- Communauté de Madrid : environ 1,77 million de nés à l’étranger. Très diversifiée, avec une forte présence latino-américaine.
- Comunitat Valenciana : taux parmi les plus élevés, croissance démographique soutenue par l’immigration.
- Andalousie : plus d’1 million de nés à l’étranger, forte composante marocaine et latino-américaine.
- Murcie et Baléares : taux très élevés en proportion (tourisme, agriculture, services).
- Canaries : Porte d’entrée africaine historique, avec une immigration mixte.
- Pays Basque, Galice, Castille-et-León, Asturies, Extrémadure : Taux nettement plus faibles (souvent entre 5 et 10 % d’étrangers), avec une immigration plus européenne ou limitée.
Cette répartition crée un nouveau gradient qui se superpose partiellement à l’ancien gradient ouest-est nord-africain : les régions déjà plus exposées historiquement à l’ouest et au sud (Andalousie, Galice dans une moindre mesure) ou économiquement dynamiques (Méditerranée, Madrid) absorbent l’essentiel des flux récents. Cette immigration massive, majoritairement extra-européenne et de fécondité plus élevée, accélère le changement démographique dans de larges régions d’Espagne.
Illustration : Toni Estevez, militant raciste espagnol.
Nos esconden los crímenes.
Un joven de 18 años fue asesinado a machetazos en Southampton y, cuando llegó la policía, esposaron al inglés en vez de detener al agresor. Novak murió desangrado en la calle.
No tenemos por qué vivir así.
Joven europeo, exige remigración.… pic.twitter.com/4V18A1smOc— Reconquista España (@es_reconquista) May 17, 2026
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