La Rédaction
Démocratie Participative
\n17 juin 2026

Partie 1 : Origines, Grande Guerre et entrée dans le fascisme (1896-1921)
Italo Balbo naît le 6 juin 1896 à Quartesana, un hameau rural de la commune de Ferrare, en Émilie-Romagne, au cœur de la plaine fertile du Pô. Fils de Camillo Balbo, professeur élémentaire d’origine piémontaise, et de Malvina Zuffi, romagnole, il grandit dans une famille de la petite bourgeoisie enseignante, marquée par un respect pour l’armée et la monarchie, mais traversée par des débats politiques vifs. Dès son adolescence, Balbo se distingue par un tempérament rebelle et un engagement précoce. À 14 ans, en 1911, il tente de fuguer pour rejoindre l’expédition de Ricciotti Garibaldi en Albanie contre l’Empire ottoman. Bloqué par la police alertée par son père, cet épisode révèle déjà son nationalisme ardent et son goût pour l’action.
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Quartesana, Ferrare
Géographiquement, Ferrare et l’Émilie-Romagne constituent un terreau fertile pour les conflits sociaux du début du XXe siècle. La plaine du Pô est une région agricole riche, dominée par de grands propriétaires terriens (agrari) et travaillée par une masse de journaliers (braccianti) souvent organisés dans les leghe rosse (ligues rouges) socialistes. Socialement et culturellement, l’Émilie-Romagne est l’une des régions les plus « rouges » d’Italie : forte implantation du Parti socialiste italien (PSI), coopératives ouvrières puissantes, traditions mazziniennes républicaines mêlées à un marxisme agraire. Politiquement, l’Italie libérale de Giovanni Giolitti tente de gérer ces tensions par des compromis, mais la fracture entre classes s’aggrave. Balbo, influencé par les discussions dans les cafés de Ferrare (comme le café Milano), penche rapidement vers le républicanisme mazzinien, tout en rejetant le matérialisme socialiste.
En 1914, alors que l’Europe s’embrase, Balbo participe à des manifestations interventionnistes à Milan, où il rencontre Benito Mussolini. Il soutient l’entrée en guerre de l’Italie aux côtés des Alliés contre les Empires centraux, incarnant la « génération interventionniste » qui voit dans le conflit une opportunité de régénération nationale contre le « giolittisme » parlementaire corrompu.
1.1 La Grande Guerre et la « génération des tranchées » (1915-1918)
La Première Guerre mondiale marque profondément Balbo. Engagé en 1915 au 7e régiment des Alpini, il est promu sous-lieutenant. En octobre 1917, il demande une formation de pilote, mais la défaite de Caporetto le renvoie immédiatement au front. Il commande une unité d’assaut dans le bataillon Pieve di Cadore (7e Alpini) et participe à l’offensive victorieuse sur le Monte Grappa en 1918, qui permet la libération de Feltre. Il termine la guerre avec le grade de capitaine, une médaille de bronze et deux d’argent pour sa valeur militaire.

Chasseurs alpins italiens montant à l’assaut des positions austro-hongroises
Cette expérience forge son caractère. Comme beaucoup de vétérans (les arditi, troupes d’assaut d’élite), Balbo développe un culte de l’action directe, de la camaraderie virile, du sacrifice et du mépris pour les politiciens « embusqués ». Culturellement, la guerre crée le mythe de la « victoire mutilée » : l’Italie, bien que victorieuse, se sent frustrée par le traité de Versailles. Socialement, les anciens combattants rentrent dans une société marquée par l’inflation, le chômage et les grèves. Balbo, comme d’autres, rejette le pacifisme socialiste et voit dans le bolchevisme une menace existentielle pour la patrie. Après la guerre, il termine ses études à Florence (diplôme en sciences sociales avec une thèse sur la pensée économique et sociale de Giuseppe Mazzini, sous la direction de Niccolò Rodolico). Il travaille comme employé de banque à Ferrare tout en restant politiquement actif. Il est initié à la franc-maçonnerie (loge Giovanni Bovio puis Girolamo Savonarola), une affiliation qu’il quittera en 1923 lorsque le fascisme l’interdira.
1.2 Le Biennio Rosso et la radicalisation (1919-1920)
L’immédiat après-guerre, connu comme le Biennio Rosso (1919-1920), est une période de crise profonde en Italie, particulièrement explosive en Émilie-Romagne. Grèves générales, occupations d’usines dans le Nord industriel, occupations de terres par les paysans dans les campagnes : les socialistes, forts de leurs succès électoraux locaux, paraissent menacer l’ordre établi. À Ferrare, les leghe bracciantili contrôlent le marché du travail et imposent des conditions aux agrari.

Communistes en armes dans une usine lors du Biennio Rosso
La peur du « péril rouge » et d’une révolution bolchevique à l’italienne gagne les classes moyennes, les vétérans et les propriétaires. Balbo, républicain mais viscéralement antisocialiste, observe avec dégoût la faiblesse de l’État libéral. Il commence à militer contre les organisations rouges. Son rejet du socialisme est idéologique : il le voit comme matérialiste, anti-national et destructeur de toute grandeur. Une citation attribuée à cette période illustre son état d’esprit : « Le socialisme ne crée pas de poètes […] tout est fondé sur le matérialisme, la haine. » Il oppose à cela un patriotisme fervent et une vision héroïque de la nation.
1.3 L’adhésion au fascisme et les premiers squadristi (1921)
Balbo n’est pas un « fasciste de la première heure ». Les Fasci italiani di combattimento de Mussolini naissent en mars 1919 à Milan. Balbo adhère au mouvement en 1921, au moment où les fascistes se structurent en parti (Parti national fasciste, PNF, novembre 1921). Nommé rapidement secrétaire de la fédération fasciste de Ferrare, il devient l’un des principaux organisateurs du squadrisme local. Il crée son propre groupe, les Celibanisti (ou Celibano), du nom de leur boisson favorite (un cherry brandy servi au Caffè Mozzi sur la Piazza del Duomo). Ces escouades paramilitaires, composées majoritairement de vétérans, recrutent parmi les jeunes nationalistes et les déclassés.
« À ceux qui me demandaient quel était le secret d’une organisation bénévole aussi parfaite, je répondais… l’exaltation de la violence comme méthode la plus rapide et la plus définitive pour atteindre le but révolutionnaire… le fascisme était voué à la conquête intégrale et révolutionnaire du pouvoir. Intégrale : c’est-à-dire sans compromis, et sur l’ensemble du front de la vie publique italienne ; révolutionnaire : c’est-à-dire un acte violent, insurrectionnel, qui marquerait une rupture nette, voire un abîme, entre le passé et l’avenir » (Italo Balbo)
Les tactiques sont nouvelles et brutales : déplacements en camions (camionettisti), raids nocturnes, bastonnades, ingestion forcée d’huile de ricin (laxatif humiliant dont Balbo popularise l’usage), incendies de sièges socialistes et de coopératives. Les Celibanisti brisent les grèves et mènent des expéditions punitives à Portomaggiore, Ravenne, Modène et Bologne. Ils saccagent même le château Estense à Ferrare, symbole de l’autorité contestée. Balbo impose une discipline militaire à ses hommes et devient rapidement le « Ras » de Ferrare – titre éthiopien signifiant chef local, adopté par les leaders provinciaux fascistes autonomes et souvent plus radicaux que Mussolini lui-même.
Sa relation au fascisme à ce stade est pragmatique et idéologique. Il voit dans le mouvement mussolinien le seul rempart efficace contre le socialisme et le moyen de réaliser la « révolution nationale » que les libéraux et les républicains n’ont pas su accomplir. Vers la fin de 1921, Balbo a déjà transformé Ferrare en bastion fasciste. Les organisations socialistes sont paralysées, les leaders rouges intimidés ou exilés. Élu sur les listes du Bloc national en mai 1921, il consolide son influence. Le squadrista de Ferrare est prêt à passer à l’échelle nationale. Le jeune capitaine décoré, journaliste et organisateur charismatique, incarne désormais le nouveau visage violent et déterminé du fascisme en province.
Partie 2 : Activisme squadriste et affrontements sanglants (1921-1922)
En 1921, Italo Balbo devient rapidement le principal leader fasciste de Ferrare et l’un des Ras les plus puissants d’Émilie-Romagne. Balbo incarne le fascisme agraire : une alliance pragmatique et brutale entre vétérans nationalistes, classes moyennes urbaines et grands propriétaires terriens (agrari) contre les organisations socialistes et communistes dominantes dans les campagnes.
2.1 Organisation du squadrismo à Ferrare et en Émilie-Romagne
Géographiquement, l’Émilie-Romagne et la plaine du Pô constituent le laboratoire du squadrismo. Politiquement, le Parti socialiste italien (PSI) y est hégémonique après la guerre, contrôlant mairies, chambres du travail et syndicats. Socialement, le Biennio Rosso (1919-1920) a laissé une peur profonde chez les propriétaires et les classes moyennes. Culturellement, le squadrismo se présente comme une croisade régénératrice, un retour à l’esprit des arditi de la Grande Guerre : action directe, virilité, hiérarchie, mépris des « parlottes » parlementaires et du matérialisme marxiste. Ces escouades, composées majoritairement de vétérans, étudiants et d’éléments de la classe moyenne, comptent rapidement plusieurs centaines d’hommes. Balbo leur impose une discipline militaire et impose la chemise noire, les déplacements en camions (camionettisti), les techniques de reconnaissance, de concentration rapide des forces et de frappes surprises. Il popularise l’usage de l’huile de ricin (laxatif humiliant versé de force dans la gorge des adversaires, souvent en quantités d’un litre), les bastonnades systématiques avec le rompicapo (matraque plombée causant des fractures défigurantes) et les incendies ciblés.
Sa tactique est simple et efficace : paralyser l’adversaire par la terreur. Les raids visent les sièges des ligues, les coopératives, les journaux socialistes et les leaders locaux. Balbo recrute, arme et coordonne non seulement à Ferrare mais soutient les actions dans les provinces voisines (Bologne, Ravenne, Modène). Il transforme le fascio local en une véritable force paramilitaire autonome.
Les affrontements les plus violents se déroulent entre février et l’été 1921, puis reprennent en 1922. En février 1921, Balbo mène des opérations qui « purifient » Ferrare des socialistes. Des colonnes de camions envahissent les villages, incendient les “maisons du peuple” marxistes et les coopératives, bastonnent ou forcent à l’huile de ricin les militants de gauche. Ces succès inspirent le squadrismo dans toute l’Italie du Nord.
À Portomaggiore et la campagne ferraraise (mars-avril 1921), Balbo dirige des raids répétés contre les ligues bracciantiles. Les fascistes attaquent des leaders socialistes, détruisent des documents et des entrepôts. La police locale, souvent complice ou passive, laisse faire. Un raid notable voit des policiers chanter avec les fascistes.
En avril 1921, Arturo Breveglieri, un des fondateurs des Celibanisti avec Balbo, tue le jeune Tullio Zecchi (17 ans, récemment passé aux jeunesses communistes) près de la Darsena à Ferrare. Zecchi et un camarade avaient défendu des enfants jouant en chantant des hymnes subversifs. Breveglieri tire à bout portant.
À Argenta (province de Ferrare), les squadristi enlèvent Natale Gaiba, organisateur syndical socialiste qui avait défié l’interdiction de revenir en ville. Il est battu puis exécuté de deux balles devant sa famille.
Balbo coordonne des colonnes qui frappent Ravenne, Modène et Bologne où se multiplient les incendies de sièges socialistes et les destructions massives. En juillet 1922, l’attaque de Ravenne voit la destruction d’une coopérative ouvrière et au moins neuf morts.
Dans son Diario 1922, Balbo décrit une de ces nuits avec une franchise brutale : « Ce fut une nuit terrible. D’énormes colonnes de feu et de fumée marquaient notre passage. Toute la plaine de Romagne, jusqu’aux collines, fut soumise à la représaille exaspérée des fascistes qui ont décidé d’en finir une fois pour toutes avec la terreur rouge. »
Les bilans sont lourds : des dizaines de morts (socialistes, communistes, mais aussi quelques fascistes), des centaines de blessés, des milliers d’intimidés. Des leaders rouges fuient ou démissionnent. Les organisations de gauche sont démantelées : chambres du travail incendiées, coopératives ruinées, mairies reprises. Balbo assume pleinement cette violence : « Mieux vaut tout détruire, pour tout reconstruire à neuf. »
2.2 Vision idéologique et relation au fascisme
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Balbo justifie cette terreur comme un devoir national. Il oppose le fascisme, mouvement vitaliste et héroïque, au socialisme « matérialiste » et « anti-national ». Pour lui, la violence n’est pas gratuite mais régénératrice : elle restaure l’ordre, l’autorité et la grandeur italienne. Son squadrismo est plus radical et provincial que le fascisme mussolinien initial, plus transactionnel à Milan. Les Ras comme Balbo exercent une autonomie réelle, financés par les agrariens, ce qui crée des tensions latentes avec Mussolini, qui cherche à contrôler le mouvement. Malgré cela, Balbo reste loyal à Mussolini qu’il voit comme le seul capable de diriger la « révolution nationale ». En mai 1921, il est élu député sur les listes du Bloc national. En 1922, il organise une grande manifestation à Ferrare (12 mai) avec 60 000 participants pour réclamer des travaux publics, démontrant sa capacité à mobiliser masses et squadristi. Il passe progressivement du niveau local au rôle national.
Culturellement, le squadrismo balbien crée un style : culte de la jeunesse, de l’action, de la camaraderie virile, de la vitesse (camions, raids fulgurants). Il transforme la peur rouge en peur noire, inversant le rapport de force en quelques mois. Vers l’automne 1922, Balbo est prêt pour l’échelle nationale. Le Ras de Ferrare, organisateur impitoyable et charismatique, devient l’un des Quadrumvirs de la Marche sur Rome. Le squadrismo a rempli sa fonction : briser la gauche, terroriser l’opposition, permettre l’accession au pouvoir. Balbo en reste marqué à vie : héros pour les uns, symbole de la violence fondatrice du régime pour les autres.
Partie 3 : Quadrumvir, consolidation du fascisme et relation complexe à Mussolini

Après avoir dominé le squadrismo ferrarais, Italo Balbo accède en 1922 au premier plan national. À 26 ans, il devient l’un des quatre Quadrumviri del Fascismo, avec Michele Bianchi, Emilio De Bono et Cesare Maria De Vecchi. Cette nomination marque son passage du rôle de Ras provincial violent à celui d’organisateur militaire du coup d’État qui porte Mussolini au pouvoir.
3.1 La Marche sur Rome et l’accession au pouvoir (octobre 1922)

Le contexte politique national est celui d’une crise profonde de l’État libéral : gouvernements faibles, peur persistante du socialisme après le Biennio Rosso, et paralysie parlementaire. Les squadristi, forts de leurs succès en Émilie-Romagne et en Vénétie, exercent une pression paramilitaire. Balbo, en tant que commandant des Chemises noires pour l’Italie du Nord, joue un rôle logistique décisif. Il coordonne la concentration des colonnes fascistes vers la capitale, gère le ravitaillement et la discipline, tout en maintenant la menace d’une insurrection armée.
La « Marche sur Rome » (28-30 octobre 1922) est plus une démonstration de force qu’un combat réel. Le roi Victor-Emmanuel III refuse l’état de siège et nomme Mussolini président du Conseil. Balbo entre triomphalement dans Rome. Cette victoire consacre le squadrismo comme fondement du régime : la violence provinciale a rendu possible la prise légale du pouvoir. Balbo reste fidèle à Mussolini, qu’il considère comme l’homme providentiel, mais conserve une certaine autonomie de pensée, héritée de son expérience de Ras.
3.2 Intégration dans le régime et ascension (1923-1933)
Mussolini consolide rapidement le pouvoir. En 1923, Balbo est nommé général de la Milice volontaire pour la sécurité nationale (MVSN), intégrant les squadristi dans une structure étatique. Il devient sous-secrétaire d’État à l’Aéronautique en 1926, puis ministre de l’Air en 1929, et enfin maréchal de l’Air en 1933 – le seul de l’histoire italienne. Balbo se révèle un organisateur exceptionnel. Il modernise l’Aeronautica Regia, transforme l’Italie en puissance aérienne de premier plan et lance les célèbres crociere aeree (vols de masse). En 1930-1931, il dirige un vol transatlantique vers le Brésil ; en 1933, une formation de 24 hydravions Savoia-Marchetti traverse l’Atlantique Nord jusqu’à Chicago, où il est accueilli en héros (une rue, Balbo Drive, et un monument lui sont dédiés). Ces exploits servent la propagande fasciste : ils incarnent la modernité, la jeunesse et la grandeur retrouvée de l’Italie mussolinienne.
Balbo reste loyal mais développe une relation complexe. Il incarne le fascisme « révolutionnaire » et squadrista des origines, face à un régime qui se bureaucratise et se centralise. Il critique parfois les dérives autoritaires excessives. Charismatique, populaire, jeune et décoré, il est perçu comme un dauphin potentiel, ce qui suscite la méfiance de Mussolini.
En 1933-1934, Mussolini l’éloigne de Rome en le nommant gouverneur général de Libye (alors Tripolitaine et Cyrénaïque). Balbo y reste jusqu’à sa mort et y laisse une empreinte durable. Il modernise la colonie : construction de routes (dont la Via Balbia), villages de peuplement pour colons italiens (ventimila en 1938), infrastructures, mise en valeur agricole. Il promeut une politique relativement conciliante envers les populations locales arabes et berbères, cherchant à les intégrer dans le projet fasciste (« quatrième rive »). Il fait ériger l’Arco dei Fileni (Arc de Marbre) comme symbole de l’unité libyenne italienne. Cependant, sa gouvernance n’est pas exempte de répression coloniale. Il maintient une ligne dure tout en tempérant certains excès.
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Arco dei Fileni
Le 10 juin 1940, l’Italie entre en guerre aux côtés de l’Allemagne. Balbo, commandant en chef en Afrique du Nord, prépare la défense de la Libye. Le 28 juin 1940, alors qu’il survole Tobrouk à bord d’un Savoia-Marchetti SM.79, son avion est abattu par la DCA italienne qui le prend pour un appareil britannique. Balbo et tous ses passagers périssent. Officiellement un tragique accident de « tirs amis » en pleine confusion des premiers jours de guerre.

Le Maréchal Italo Balbo visitant une esquadrille de bombardiers italiens
Du squadrista brutal de Ferrare, organisateur de la terreur anti-marxiste, il devient un homme d’État, pionnier de l’aviation et administrateur colonial. Sa fidélité à Mussolini n’empêche pas une indépendance d’esprit réelle. Plus que d’autres, il conserve jusqu’au bout l’esprit des origines : nationalisme fervent, culte de l’action et de la modernité. En Italie, il symbolise à la fois la violence fondatrice du régime et une certaine « italianité » du fascisme. Aux États-Unis, Balbo Drive et le monument de Chicago rappellent son exploit de 1933, suscitant aujourd’hui des débats sur la mémoire historique.

Cette colonne,
vieille de vingt siècles,
érigée sur la plage d’Ostie,
port de la Rome impériale,
pour préserver la fortune et les victoires
des trirèmes romaines,
l’Italie fasciste, sur ordre de Benito Mussolini,
offre à Chicago
un hommage, un symbole, un mémorial
à l’escadre de l’Atlantique dirigée par Balbo,
qui, avec l’audace romaine, a traversé l’océan
au cours de la 11e année
de l’ère fasciste.
Balbo reste une figure charismatique de la « génération des tranchées » qui a cru régénérer l’Italie par l’action et la force. Sa trajectoire illustre comment le squadrismo, né dans la plaine du Pô face au péril rouge, a permis la conquête du pouvoir.
La tombe du Ras de Ferrare se trouve à Orbetello, dans la province de Grosseto en Toscane.

« Un bel alpin, un grand aviateur, un authentique révolutionnaire. Le seul qui aurait été capable de me tuer. » Benito Mussolini
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