La Rédaction
Démocratie Participative
\n05 juillet 2025
Dans le cadre d’une entreprise culturelle globale, nous lançons une série d’articles faisant la synthèse de ce qu’est l’être aryen. Ils sont disponibles dans la catégorie “Textes doctrinaux”. Cette introduction servira de cadre conceptuel à divers projets que nous initierons.
Précédemment:
Partie 1 : Les fondements de la cosmogonie indo-européenne
La cosmogonie désigne la vision aryenne de l’origine et de la structure du cosmos. Les Proto-Indo-Européens (PIE), le peuple blanc fondamental ayant vécu dans les steppes pontiques (actuelle Ukraine/Russie, 4000-2500 av. J.-C.), ont transmis un héritage religieux à leurs descendants : Indiens védiques, Grecs, Romains, Celtes, Germains, Slaves, etc. Leur cosmogonie, reconstituée par des comparatistes comme Georges Dumézil et Bruce Lincoln, repose sur plusieurs principes clés, expliqués ici de manière simple :
1. Univers hiérarchique et trifonctionnalité :
– Définition : La trifonctionnalité, théorisée par Georges Dumézil, est une structure sociale et cosmique divisée en trois fonctions complémentaires :
- Souveraineté sacrée et juridique : Cette fonction regroupe le pouvoir spirituel (prêtres, rituels) et légal (justice, lois), incarnée par des dieux comme Varuna (Inde) ou Zeus (Grèce). Elle représente l’ordre, la sagesse et l’autorité suprême.
- Force guerrière : Elle englobe les guerriers et les divinités de la guerre, comme Indra (Inde) ou Mars (Rome), qui protègent la communauté par la force physique.
- Fertilité et production : Elle inclut les agriculteurs, artisans et dieux de la prospérité, comme les jumeaux Ashvins (Inde) ou Cérès (Rome), liés à l’abondance, la reproduction et la richesse.
– Exemple : Dans le Rig-Veda (vers 1500-1000 av. J.-C.), Varuna supervise l’ordre cosmique (*ṛta*), Indra combat les ennemis, et les Ashvins assurent la santé et la fertilité. Dumézil explique : « La trifonctionnalité est le squelette idéologique des sociétés indo-européennes, liant cosmos, dieux et humains » (Mythe et épopée, 1968, p. 23).
Imaginez une société comme un arbre : la cime (souveraineté sacrée) touche le ciel et guide ; les branches (guerriers) protègent ; les racines (producteurs) nourrissent. Chaque partie a ses dieux, et toutes sont interconnectées.
2. Temps cyclique :
– Définition : Le temps indo-européen est cyclique, marqué par des phases répétitives de création, destruction et renouveau, contrairement à la vision linéaire des religions abrahamiques (création → Jugement dernier).
– Exemple : Dans la mythologie nordique, le Ragnarök (Edda poétique, Völuspá, vers 1000 ap. J.-C., mais reflétant des traditions orales plus anciennes) décrit la fin du monde suivie d’une renaissance : « La terre émergera des mers, verte et nouvelle, et les dieux survivants régneront à nouveau » (Völuspá, 59, trad. Carolyne Larrington).
Pensez aux saisons : l’hiver détruit, le printemps recrée. Le cosmos indo-européen suit ce rythme éternel, sans fin définitive.
3. Polythéisme et immanence divine
– Définition : Le polythéisme aryen signifie que les Indo-Européens vénèrent de multiples dieux, chacun lié à un aspect du cosmos (ciel, guerre, fertilité). Ces dieux sont immanents, c’est-à-dire présents dans le monde physique et social, et non transcendants comme le Yahveh abrahamique. Chaque élément (rivière, arbre, maison) peut être divin.
– Exemple romain : À Rome, le “genius” est l’esprit divin protecteur d’une personne, d’un lieu ou d’une institution. Cicéron écrit : « Chaque homme a son “genius”, un dieu qui le guide et le protège depuis sa naissance » (De senectute, 20.73, trad. H. Rackham). Le “genius loci” (esprit du lieu) anime les espaces naturels, comme les sources ou les forêts. Ovide décrit un rituel domestique : « À mon anniversaire, j’offre du vin et de l’encens au “genius” qui m’a donné la vie » (*Tristia*, 3.13.18, trad. J. André).
Imaginez que chaque chose a une « âme » divine : un arbre, une rivière, une maison. Les Aryens ne prient pas un Dieu lointain, mais des forces vivantes autour d’eux.
4. Géographie sacrée :
– Définition : La géographie sacrée est la division du cosmos en trois niveaux interconnectés, chacun associé à une fonction et à des divinités spécifiques. Cette structure reflète la trifonctionnalité et explique pourquoi certains dieux ou fonctions sont liés à des espaces cosmiques.
- – Ciel : Le ciel incarne la “souveraineté sacrée”, car il est élevé, vaste et ordonné, symbolisant la sagesse, l’autorité et l’ordre cosmique. Les dieux célestes, comme Zeus (Grèce), Varuna (Inde) ou Jupiter (Rome), sont des juges suprêmes qui supervisent l’univers. Le ciel est perçu comme la source de la lumière (sagesse) et du tonnerre (pouvoir). Exemple : Homère décrit Zeus comme « celui qui assemble les nuages et règne sur l’Olympe » (Iliade, 1.498, trad. Robert Fagles).
- – Terre : La terre est associée à la “fertilité et à la production”, car elle nourrit les humains par l’agriculture et la reproduction. Les divinités terrestres, comme Déméter (Grèce) ou Cérès (Rome), incarnent l’abondance et la vie. Exemple : Dans le “Rig-Veda”, la déesse Prithvi (Terre) est invoquée pour ses dons : « Ô Terre, donne-nous des récoltes abondantes et une vie prospère » (*Rig-Veda*, 1.22.10, trad. Wendy Doniger).
- – Monde souterrain : Le monde souterrain représente la mort, le chaos potentiel, mais aussi le renouveau, car il est le lieu des cycles de destruction et de renaissance d’où viennent les hommes et où ils retournent à leur mort. Les divinités infernales, comme Hadès (Grèce) ou Dis Pater (Gaule), gèrent les âmes et les forces cachées. Exemple : César note que les Gaulois considèrent Dis Pater comme leur ancêtre commun, lié au monde souterrain (*Guerre des Gaules*, 6.18, trad. A. Wiseman).
– Mircea Eliade explique : « La géographie sacrée indo-européenne divise le cosmos en espaces complémentaires, chacun reflétant une fonction sociale et divine. Le ciel est souverain, car il domine ; la terre nourrit, car elle est féconde ; le souterrain régénère, car il cache les germes du renouveau » (*Histoire des croyances*, 1976, p. 128).
Imaginez le cosmos comme un théâtre à trois scènes : le ciel (la loge des chefs), la terre (la scène des acteurs qui produisent), et le sous-sol (les coulisses où tout se transforme). Chaque scène a ses dieux et ses rôles.
5. Sacrifice primordial
– Définition : Le sacrifice primordial est le mythe fondateur selon lequel le cosmos est créé par le démembrement d’un être primordial (dieu ou géant). Ce sacrifice originel établit l’ordre cosmique et sert de modèle pour les rituels humains.
– Exemple védique : Dans le *Rig-Veda* (10.90, *Purushasūkta*), le géant Purusha est sacrifié par les dieux : « Purusha, aux mille têtes, aux mille yeux, fut offert en sacrifice. De sa tête sortit le ciel, de son souffle le vent, de ses yeux le soleil, de ses oreilles l’espace, de ses pieds la terre. Les brahmanes naquirent de sa bouche, les kshatriyas de ses bras, les vaishyas de ses cuisses, les shudras de ses pieds. » (Rig-Veda, 10.90.11-14, trad. Wendy Doniger).
Ce sacrifice crée le cosmos et les classes sociales, liant l’ordre cosmique à l’ordre humain.
– Exemple nordique : Dans l’*Edda poétique* (*Gylfaginning*), le géant Ymir est tué par Odin et ses frères : « De son sang ils firent les mers, de sa chair la terre, de ses os les montagnes, de ses cheveux les arbres, de son crâne le ciel. » (*Gylfaginning*, 8, trad. Carolyne Larrington)
Bruce Lincoln note : « Le sacrifice primordial est le mythe central des Indo-Européens. Chaque sacrifice rituel répète cet acte, recréant l’ordre du monde face au chaos » (*Myth, Cosmos, and Society*, 1986, p. 67).
Imaginez le cosmos comme un puzzle : un géant est « démonté » pour créer chaque pièce (ciel, terre, mers). Les sacrifices humains sont comme réassembler ce puzzle pour garder le monde en ordre.
Partie 2 : Le sacrifice dans les religions indo-européennes

2.1. Définition et rôle du sacrifice
Le sacrifice indo-européen est un rituel par lequel les humains offrent des biens (animaux, végétaux, libations) aux dieux pour maintenir l’ordre cosmique (*ṛta* védique, *díkē* grecque, *fas* romain). Il est une réitération symbolique du sacrifice primordial, restaurant l’équilibre entre humains, dieux et cosmos.
Le principe est le *do ut des* (« je donne pour que tu donnes »), un échange réciproque où les humains offrent pour recevoir la faveur divine (protection, fertilité, victoire). Georges Dumézil écrit : « Le sacrifice indo-européen est un acte de communion, reliant les trois fonctions sociales aux trois niveaux du cosmos » (L’idéologie des trois fonctions, 1968, p. 89).
2.2. Déroulement des sacrifices : Exemples précis
Voici des descriptions détaillées de rituels sacrificiels dans différentes branches aryennes, avec leur déroulement, leur lien avec le sacrifice primordial, et leur signification :
1. Inde védique : Le sacrifice du Soma
– Contexte :
Le *yajña* (sacrifice védique) est central dans le Rig-Veda. Le Soma, une plante sacrée dont le jus enivrant est offert à Indra (dieu guerrier), symbolise la force vitale du cosmos.
– Déroulement :
1. Préparation : Les prêtres (brahmanes) purifient l’espace rituel avec des feux sacrés (agni) et des chants védiques. La plante soma est récoltée, pressée avec des pierres, et mélangée avec du lait.
\n2. Offrande : Le jus est filtré et versé dans le feu, accompagné d’hymnes : « Ô Soma, coule pour Indra, qu’il boive et nous donne la victoire ! » (Rig-Veda, 8.81.2, trad. Wendy Doniger).
\n3. Communion : Les prêtres consomment une partie du soma, symbolisant l’union avec le divin. Le feu transporte l’offrande aux dieux.
– Lien avec le sacrifice primordial : Le Soma représente le corps de Purusha, et son offrande recrée l’ordre cosmique en renforçant Indra, qui combat le chaos (ex. le serpent Vritra). Stephanie Jamison note : « Le Soma est une réitération du sacrifice de Purusha, recréant le cosmos à chaque rituel » (*Sacrificed Wife/Sacrificer’s Wife*, 1996, p. 43).
Imaginez le Soma comme un élixir magique : en l’offrant au feu, les prêtres donnent de l’énergie aux dieux, comme si on rechargeait la batterie du cosmos.
2. Grèce antique : La thusía
– Contexte :
La thusía est un sacrifice animal (bœufs, chèvres) offert à des dieux comme Zeus ou Apollon, décrit par Homère.
– Déroulement :
1. Préparation : L’animal, paré de guirlandes, est conduit à l’autel. Les participants se purifient avec de l’eau lustrale et répandent de l’orge sacrée.
\n2. Immolation : L’animal est égorgé, son sang est recueilli, et les os sont brûlés pour les dieux. Homère décrit : « Ils brûlèrent les os pour les dieux immortels et partagèrent la chair en festin » (*Iliade*, 1.460-465, trad. Robert Fagles).
\n3. Communion : La viande est cuite et partagée entre les participants, renforçant la communauté.
– Lien avec le sacrifice primordial : La thusía imite le démembrement originel (ex. mythe de Prométhée, où le partage entre os et chair établit les rôles divins et humains, Théogonie d’Hésiode, vers 700 av. J.-C.). Marcel Detienne explique : « Le sacrifice grec recrée l’ordre cosmique en reproduisant le partage initial entre dieux et hommes » (*Les Jardins d’Adonis*, 1972, p. 37).
3. Rome antique : Le sacrificium
– Contexte :
Les sacrifices romains, comme les suovetaurilia (porc, mouton, taureau), purifient les champs ou l’État, souvent pour Jupiter.
– Déroulement :
- Préparation : Les prêtres (flamines) purifient l’autel et les animaux avec de l’eau et de la farine salée (mola salsa). Les participants portent des vêtements rituels.
- Immolation : Les animaux sont tués, leurs entrailles examinées pour des présages (haruspices). Tite-Live rapporte : « Les prêtres offrirent des bœufs à Jupiter, implorant sa protection pour Rome » (Histoire romaine, 21.62, trad. G. J. D. Lewis).
- Offrande et communion : Les os et graisses sont brûlés, la viande partagée ou offerte aux dieux. Le rituel renforce la *pax deorum* (paix avec les dieux).
– Lien avec le sacrifice primordial : Le démembrement des animaux rappelle la création du cosmos, où chaque partie (ciel, terre) provient d’un corps originel. John Scheid note : « Le sacrifice romain est un acte cosmique, réaffirmant l’ordre de l’univers par le partage rituel » (Religion et piété à Rome, 2001, p. 56).
Imaginez un rituel comme une cérémonie d’État : tuer l’animal, c’est comme renouveler un contrat avec les dieux pour protéger la cité.
4. Celtes : Sacrifices gaulois
– Contexte :
Les sacrifices celtes, décrits par César, incluent des offrandes animales et parfois humaines dans des sites naturels (bosquets, sources).
– Déroulement :
- Préparation : Les druides consacrent un espace sacré (nemeton). Les offrandes (bœufs, captifs) sont préparées avec des prières.
- Immolation : Les victimes sont tuées, souvent par le feu ou l’égorgement. César note : « Ils consacrent des offrandes aux dieux, parfois humaines, pour obtenir leur faveur dans la guerre » (Guerre des Gaules, 6.16, trad. A. Wiseman).
- Communion : Les cendres ou le sang sont offerts aux dieux, et la communauté participe à des fêtes.
– Lien avec le sacrifice primordial : Le sacrifice humain, bien que rare, symbolise la recréation de l’ordre par la mort d’un être, comme Dis Pater, ancêtre souterrain des Gaulois. Miranda Green explique : « Les sacrifices celtes, surtout dans les crises, réitèrent le démembrement cosmique pour apaiser les dieux » (*The Celtic World*, 1995, p. 89).
Pensez à un rituel dans une forêt sacrée : l’offrande (animal ou autre) est un « pont » vers les dieux pour protéger la tribu.
Partie 3 : Psychologie, dimension sociale et politique du sacrifice

3.1. Psychologie du sacrifice
Le sacrifice aryen est vécu comme un acte de réciprocité, de responsabilité collective et de connexion au sacré. Psychologiquement, il procure un sentiment de contrôle sur le destin et d’appartenance au cosmos.
– Réciprocité : Les Aryens perçoivent les dieux comme des partenaires dans un échange (*do ut des*). Offrir un sacrifice garantit la bienveillance divine. Mircea Eliade explique : « Le sacrifice indo-européen est une participation au sacré, où l’homme se sent intégré à l’ordre cosmique » (Histoire des croyances, 1976, p. 132).
– Communauté : Le sacrifice réunit la communauté (famille, tribu, cité), renforçant les liens sociaux. Par exemple, dans la thusía grecque, le partage de la viande crée un sentiment d’unité. Psychologiquement, cela apaise l’angoisse face à l’incertitude (guerre, famine) en affirmant la solidarité.
– Absence de culpabilité : Contrairement aux religions abrahamiques, où le sacrifice est lié au péché, le sacrifice indo-européen est un acte positif, célébrant la vie. Jaan Puhvel note : « Le sacrifice indo-européen est une création continue, non une réparation d’une faute » (Comparative Mythology, 1987, p. 53).
Imaginez le sacrifice comme un dîner avec les dieux : on offre un cadeau (animal, vin), ils donnent en retour (protection, récoltes). Cela donne un sentiment de sécurité et de lien avec quelque chose de plus grand.
3.2. Dimension sociale
Le sacrifice est indissociable de la communauté, qu’il s’agisse de la famille, de la tribu ou de la cité :
– Familial : À Rome, le paterfamilias offre des libations quotidiennes aux lares (esprits domestiques) et au genius familial. Ovide décrit : « Chaque jour, nous offrons du vin et des gâteaux aux lares pour protéger notre maison » (Fastes, 2.615, trad. J. André).
– Tribal : Chez les Celtes, les druides organisent des sacrifices dans les nemetons (bosquets sacrés) pour unir la tribu. César note : « Les druides président aux sacrifices publics, renforçant l’unité des Gaulois » (Guerre des Gaules, 6.13).
– Civique : À Athènes, les Panathénées incluent des sacrifices à Athéna, réunissant toute la cité. Thucydide écrit : « Les sacrifices des Panathénées unissent les citoyens dans la célébration d’Athéna » (Histoire de la guerre du Péloponnèse, 2.38, trad. J. de Romilly).
3.3. Dimension politique
Le sacrifice légitime l’État et ses dirigeants, car il garantit la pax deorum (paix avec les dieux), fondement de la stabilité sociale :
– Inde védique : L’Ashvamedha (sacrifice du cheval) consacre le roi comme protecteur du cosmos. Le Rig-Veda décrit : « Le cheval sacré, offert aux dieux, fait du roi le maître de la terre » (7.18.5, trad. Wendy Doniger).
– Rome : Les sacrifices publics, dirigés par le pontifex maximus, assurent la prospérité de l’État. Cicéron écrit : « Les sacrifices aux dieux sont le lien qui unit la République » (*De natura deorum*, 3.94, trad. H. Rackham).
Non-dogmatisme : Contrairement aux religions abrahamiques, la religion aryenne est orthopraxique (centrée sur les pratiques) et non orthodoxique (centrée sur les croyances). Les individus sont libres de leurs conceptions personnelles tant qu’ils participent aux rituels. Jan Assmann note : « Le polythéisme indo-européen tolère la diversité des croyances, car l’unité vient des actes rituels, non des dogmes » (The Price of Monotheism, 2010, p. 45).
Par exemple, un Romain pouvait douter de Jupiter tout en offrant un sacrifice, sans risquer d’être accusé d’hérésie.
Partie 4 : Comparaison avec les religions abrahamiques

4.1. Nature du sacrifice
– Aryenne :
- Nature : Le sacrifice est un échange réciproque, réitérant le sacrifice primordial pour maintenir l’ordre cosmique. Il est collectif, festif et lié à la nature (ex. autels en plein air).
- Exemple : La thusía grecque, où les os sont brûlés pour les dieux et la viande partagée, symbolise la communion entre humains et divins.
- Psychologie : Le sacrifice est une célébration de la vie, sans culpabilité. Il renforce le sentiment d’appartenance et de contrôle sur le cosmos.
– Abrahamique :
- Nature : Le sacrifice est lié à l’expiation du péché ou à la soumission à un Dieu transcendant. Dans le judaïsme, les sacrifices au Temple (ex. agneau pascal) expient les fautes (Lévitique 16:30). Dans le christianisme, le sacrifice de Jésus sur la croix est l’acte rédempteur ultime : « Par ce sacrifice, nous sommes sanctifiés une fois pour toutes » (Hébreux 10:10). Dans l’islam, le sacrifice d’Abraham (Aïd al-Adha) symbolise l’obéissance à Allah.
- Psychologie : Le sacrifice abrahamique est marqué par la culpabilité (péché originel) et la soumission, pouvant engendrer une anxiété spirituelle face au jugement divin.
4.2. Dogmatisme vs liberté individuelle
– Aryenne :
- La religion est orthopraxique, centrée sur les rituels collectifs, pas sur une doctrine imposée. Les individus sont libres d’interpréter les mythes. Hérodote écrit : « Chacun honore les dieux à sa manière, et nul ne juge l’autre » (*Histoires*, 3.38, trad. A. D. Godley).
- Exemple : Les écoles philosophiques grecques (stoïcisme, épicurisme) coexistaient avec les cultes sans conflit dogmatique.
– Abrahamique :
- La religion est orthodoxique, exigeant une croyance correcte. Le judaïsme impose les commandements, le christianisme la foi en Jésus, et l’islam la soumission à Allah. Les hérésies sont punies (ex. Inquisition chrétienne, accusations d’apostasie en islam).
- Exemple : Le concile de Nicée (325 ap. J.-C.) impose le dogme de la Trinité, excluant les dissidents comme les Ariens.
- Fanatisme : L’orthodoxie abrahamique peut conduire à l’intolérance. Par exemple, les conversions forcées des Saxons par Charlemagne (8e siècle) ou les persécutions des chrétiens sous Néron, décrites par Tacite : « Les chrétiens, détestés pour leurs abominations, furent punis » (Annales, 15.44, trad. J. H. Freese).
4.3. Rôle politique
– Aryenne :
- La religion légitime l’État par les rituels publics, sans imposer une théologie unique. À Rome, refuser de sacrifier à l’empereur était une trahison politique, non religieuse.
- Exemple : Les sacrifices romains pour la pax deorum renforcent l’unité de la République.
– Abrahamique :
- La religion est une loi divine transcendante, souvent supplantant l’État. Dans le christianisme, l’Église devient une autorité parallèle (ex. pouvoir papal). Dans l’islam, la charia peut régir la société.
- Exemple : La conversion de Constantin (4e siècle) fait du christianisme une religion d’État, imposant une uniformité dogmatique.
Partie 5 : Synthèse

5.1. Métaphore pédagogique
Le sacrifice aryen est comme un contrat avec la nature et les dieux. Imaginez une communauté qui organise un grand festin : les humains apportent de la nourriture (animaux, vin), les dieux donnent en retour (pluie, victoire). Ce festin réunit tout le monde (famille, tribu, cité) et rappelle l’histoire de la création, où un géant a été « partagé » pour faire le monde.
En revanche, le sacrifice abrahamique est comme un remboursement pour une dette : les humains, coupables de péchés, doivent offrir quelque chose (obéissance, foi) à un Dieu juge pour être pardonnés.
5.2. Conclusion
Le sacrifice indo-européen est un acte cosmique, social et politique qui réitère le sacrifice primordial, maintenant l’ordre du monde et renforçant la communauté. Il est vécu comme une célébration pragmatique, sans dogme, où les dieux, omniprésents (ex. *genius*), sont des partenaires immanents. En contraste, le sacrifice abrahamique est lié à l’expiation et à la soumission, avec une orthodoxie rigide qui peut engendrer du fanatisme. La géographie sacrée (ciel = souveraineté, terre = fertilité, souterrain = renouveau) reflète cette vision dynamique, où chaque espace cosmique joue un rôle dans l’équilibre global.
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Sources
Sources antiques :
1. Rig-Veda, traduit par Wendy Doniger, The Rig Veda: An Anthology, Penguin Classics, 1981.
\n2. Homère, Iliade, traduit par Robert Fagles, Penguin Classics, 1990.
\n3. Hésiode, Théogonie, traduit par M. L. West, Oxford World’s Classics, 1988.
\n4. Tite-Live, Histoire romaine, traduit par G. J. D. Lewis, Loeb Classical Library, 1929.
\n5. César, Guerre des Gaules, traduit par A. Wiseman, Penguin Classics, 1982.
\n6. Tacite, Germania et Annales, traduit par J. H. Freese, Loeb Classical Library, 1914.
\n7. Cicéron, De natura deorum et De senectute, traduit par H. Rackham, Loeb Classical Library, 1933.
\n8. Ovide, Fastes et Tristia, traduit par J. André, Les Belles Lettres, 1960.
\n9. Hérodote, Histoires, traduit par A. D. Godley, Loeb Classical Library, 1920.
\n10. Edda poétique, traduit par Carolyne Larrington, The Poetic Edda, Oxford University Press, 2014.
Sources contemporaines :
1. Dumézil, Georges, Mythe et épopée : L’idéologie des trois fonctions dans les épopées des peuples indo-européens, Gallimard, 1968.
\n2. Lincoln, Bruce, Myth, Cosmos, and Society: Indo-European Themes of Creation and Destruction, Harvard University Press, 1986.
\n3. Eliade, Mircea, Histoire des croyances et des idées religieuses, Payot, 1976.
\n4. Puhvel, Jaan, Comparative Mythology, Johns Hopkins University Press, 1987.
\n5. Assmann, Jan, The Price of Monotheism, Stanford University Press, 2010.
\n6. Jamison, Stephanie, Sacrificed Wife/Sacrificer’s Wife: Women, Ritual, and Hospitality in Ancient India, Oxford University Press, 1996.
\n7. Detienne, Marcel, Les Jardins d’Adonis : La mythologie des aromates en Grèce, Gallimard, 1972.
\n8. Scheid, John, Religion et piété à Rome, La Découverte, 2001.
\n9. Green, Miranda, The Celtic World, Routledge, 1995.
\n10. Davidson, Hilda Ellis, Myths and Symbols in Pagan Europe: Early Scandinavian and Celtic Religions, Syracuse University Press, 1988.
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