Être aryen (chapitre 24) : le 1er janvier, fête du renouveau auspicial – Démocratie Participative

Être aryen (chapitre 24) : le 1er janvier, fête du renouveau auspicial

La Rédaction
Démocratie Participative
\n27 décembre 2025

 

Dans le cadre d’une entreprise culturelle globale, nous lançons une série d’articles faisant la synthèse de ce qu’est l’être aryen. Ils sont disponibles dans la catégorie “Textes doctrinaux”. Cette introduction servira de cadre conceptuel à divers projets que nous initierons.

Précédemment :

Partie 1 : Les origines et l’évolution du début de l’année au 1er janvier dans la Rome antique

Calendrier romain, 1er siècle avant l’ère actuelle

1. Le calendrier romain primitif : un début de l’année en mars

Le plus ancien calendrier romain connu, traditionnellement attribué à Romulus, ne comptait que dix mois et commençait en mars. Cette structure est attestée par plusieurs auteurs antiques. Varron, dans De lingua Latina (VI, 33-34), observe que les noms des mois de septembre à décembre correspondent aux nombres sept, huit, neuf et dix, ce qui prouve qu’ils occupaient originellement ces positions dans un cycle commençant en mars. Censorinus, dans De die natali (20, 2-7), rapporte la même tradition et précise que ce calendrier totalisait 304 jours, laissant une période hivernale non structurée en mois nommés. Mars, mois dédié à Mars, père mythique de Romulus et de Rémus, dieu de la guerre et du renouveau printanier, marquait logiquement le début de l’année pour une société agraire et guerrière : reprise des campagnes militaires après l’hiver et début des travaux agricoles. Cette organisation reflétait les priorités d’une communauté où la saison froide interrompait les activités principales.

2. La réforme attribuée à Numa Pompilius : introduction de janvier et février

La tradition attribue au second roi de Rome, Numa Pompilius (fin VIIIe – début VIIe siècle av. J.-C.), l’ajout de deux mois, janvier et février, portant le total à douze mois lunaires (environ 355 jours). Plutarque, dans la Vie de Numa (18-19), explique que Numa plaça février en dernier mois, consacré aux rites de purification (februatio), et janvier en premier, en l’honneur de Janus, dieu des commencements et des passages. Ovide, dans les Fastes (I, 43-44), confirme l’étymologie de Ianuarius à partir de Janus et de ianua (porte).Ce calendrier restait lunaire et nécessitait des intercalations périodiques (mois de Mercedonius) pour rester approximativement aligné sur l’année solaire. Ces ajustements étaient gérés par les pontifes, mais leur application irrégulière sous la République provoqua progressivement des décalages importants.

3. Le déplacement de l’année consulaire en 153 av. J.-C.

Un tournant décisif survint en 153 av. J.-C. : le jour d’entrée en fonction des consuls, et donc le début de l’année consulaire, fut avancé des Ides de mars (15 mars) aux Calendes de janvier (1er janvier). Tite-Live, dans les Périochae (livre 47), indique que cette mesure fut prise pour permettre aux nouveaux consuls d’intervenir rapidement en Hispanie face à une révolte. Agnes Kirsopp Michels, dans The Calendar of the Roman Republic (Princeton University Press, 1967), souligne que cette réforme, initialement purement administrative et militaire, eut des conséquences durables : elle contribua à détacher progressivement le début de l’année civile du cycle agricole traditionnel et à renforcer le rôle de janvier comme point de référence temporel.

4. La réforme julienne de 46 av. J.-C. : fixation définitive du 1er janvier

La réforme la plus décisive fut celle de Jules César en 46 av. J.-C. Les abus d’intercalation sous la République avaient accumulé un décalage de plusieurs mois entre le calendrier et les saisons. César, en tant que pontifex maximus, fit appel à l’astronome alexandrin Sosigène pour instaurer un calendrier solaire de 365 jours et un quart, avec un jour bissextile tous les quatre ans. L’année 46 av. J.-C., surnommée « année de confusion », compta 445 jours afin de réaligner le calendrier sur le soleil. À partir du 1er janvier 45 av. J.-C., le calendrier julien entra en vigueur. Macrobe (Saturnales, I, 14, 3) et Dion Cassius (XLIII, 26) rapportent ces événements. Pline l’Ancien (Histoire naturelle, XVIII, 211) et Suétone (Vie de César, 40) confirment la fixation définitive du 1er janvier comme début de l’année. Jörg Rüpke, dans The Roman Calendar from Numa to Constantine: Time, History and the Fasti (2011), montre comment cette réforme scientifique, inspirée des modèles égyptiens, renforça le symbolisme de Janus et de janvier comme seuil d’un nouvel ordre temporel sous l’autorité impériale naissante.

Partie 2 : Les cultes et rituels principaux associés au 1er janvier dans la Rome antique

Temple de Janus, Bourgogne

1. Le culte de Janus : dieu central des Calendes de janvier

Janus occupe une place absolument prééminente dans les rituels du 1er janvier. Dieu archaïque des commencements, des passages, des portes et des transitions temporelles, il est représenté avec deux visages (bifrons) tournés dans des directions opposées, symbolisant la capacité à regarder simultanément le passé et l’avenir. Cette iconographie reflète parfaitement le rôle de janvier comme seuil entre l’année écoulée et l’année nouvelle. Varron, dans De lingua Latina (VII, 26), explique que Janus est invoqué en premier dans toutes les prières romaines parce qu’il préside aux débuts de toute action. Ovide, dans les Fastes (I, 89-288), consacre près de deux cents vers à Janus : le dieu apparaît au poète et justifie lui-même son rôle. Il déclare être la « porte » (ianua) par laquelle on accède aux autres divinités et surveiller les entrées et sorties du monde. Ovide rapporte aussi que Janus fut le premier roi du Latium, ayant accueilli Saturne et instauré l’âge d’or. Le temple de Janus Quirinus (ou Janus Geminus) au Forum Romain possédait des portes symboliques : ouvertes en temps de guerre, fermées en temps de paix. Cette coutume, mentionnée par Virgile (Énéide, I, 293-294 ; VII, 607-615) et par Plutarque (Vie de Numa, 20), était particulièrement significative le 1er janvier, jour où l’on espérait une année paisible.

2. Les sacrifices et vœux publics des magistrats

Le 1er janvier était avant tout le jour d’entrée en charge des nouveaux consuls et des autres magistrats élus. Après leur investiture sur le Capitole, les consuls prononçaient des vœux solennels (vota publica) pour la santé et la prospérité de l’État romain. Macrobe, dans les Saturnales (I, 9, 8-10), décrit précisément la séquence rituelle : les consuls montaient au Capitole, sacrifiaient des animaux blancs à Jupiter Optimus Maximus, mais invoquaient d’abord Janus. Si l’État était en paix, ils renouvelaient les vœux de l’année précédente ; sinon, ils en formulaient de nouveaux. Ces cérémonies publiques renforçaient le lien entre le renouveau politique (nouveaux magistrats) et le renouveau temporel (nouvelle année). Denis Feeney, dans Caesar’s Calendar: Ancient Time and the Beginnings of History (2007), souligne que la réforme julienne accentua ce caractère politique en faisant coïncider définitivement l’année civile et l’année consulaire.

3. Le culte de Strenia et l’origine des étrennes (strenae)

Via Sacra

Un culte secondaire, mais important pour les pratiques populaires, était celui de Strenia (ou Strenua), divinité sabine associée à la vigueur physique et à la santé. Son bosquet sacré (lucus Streniae) se trouvait sur la Via Sacra. Selon Festus (s.v. strenae) et Symmaque (Lettres, X, 35), les Romains s’y rendaient pour cueillir des branches de laurier ou d’autres arbres verdoyants que l’on offrait ensuite comme cadeaux de bon augure. Ces cadeaux, appelés strenae, sont à l’origine de nos modernes « étrennes ». À l’époque archaïque, il s’agissait uniquement de rameaux symbolisant la vitalité et la force pour l’année à venir. Progressivement, les strenae évoluèrent : on offrit des figues, des dattes, du miel (pour une année douce) et des pièces de monnaie frappées à l’effigie du nouveau magistrat ou de l’empereur. Ovide (Fastes, I, 185-190) explique ce symbolisme : « Pourquoi offre-t-on des dattes et du miel doré ? Pour que l’année soit douce dès son commencement. » Suétone (Vie d’Auguste, 57) rapporte qu’Auguste recevait personnellement des strenae de tous les citoyens, même des plus modestes, et que ces cadeaux pouvaient atteindre des sommes considérables.

4. Les pratiques privées et les croyances populaires

Dans la sphère privée, le 1er janvier était marqué par une série de coutumes destinées à influencer positivement le cours de l’année. Une croyance profondément ancrée voulait que tout ce qui se passait ce jour-là préfigurât les douze mois à venir. Ovide (Fastes, I, 171-174) résume cette idée : on évitait soigneusement les paroles de mauvais augure, les disputes, les procès, les larmes. On s’efforçait au contraire de prononcer des mots joyeux, de travailler légèrement (pour éviter l’oisiveté, mauvais présage), et d’échanger des vœux chaleureux tels que « annum novum faustum felicemque tibi precor » (« je te souhaite une nouvelle année heureuse et prospère »). Les maisons étaient décorées de branches vertes et de lauriers, les familles organisaient des repas festifs, et les clients rendaient visite à leurs patrons pour leur offrir des strenae et recevoir en retour des libéralités. Martial (Épigrammes, X, 24 ; XIII, 27) et Stace (Silves, IV, 1) décrivent ces échanges de cadeaux et ces visites matinales sous l’Empire, montrant que la coutume s’était enrichie mais conservait son caractère auspicieux.

Partie 3 : Témoignages antiques authentiques sur les célébrations du 1er janvier dans la Rome antique

Arc de Janus, Rome, 4e siècle de l’ère actuelle

1. Ovide, Les Fastes (Livre I) : le témoignage le plus détaillé et le plus vivant

Ovide compose les Fastes entre 1 et 8 ap. J.-C., sous Auguste. Le Livre I est entièrement consacré à janvier, et les vers 63 à 288 constituent une véritable « interview » poétique de Janus, qui explique les origines et les rites du jour des Calendes.

Ovide demande :

« Dis-moi, Janus, pourquoi l’année commence-t-elle en hiver, alors que le printemps serait plus logique ? »

Janus répond (I, 149-164) :

« Le soleil ancien achève son cours et renaît plus jeune ; c’est le moment où l’année nouvelle prend son départ. L’hiver est le repos après la récolte, le temps où l’on prépare le renouveau. »

Sur les sacrifices :

« Pourquoi t’offre-t-on de l’encens et du vin en premier ? »

Janus :

« Afin que, par moi qui suis la porte des choses, vous ayez accès aux autres dieux » (I, 171-174).

Sur les bons augures :

« Les oreilles sont attentives aux présages le premier jour ; on observe les oiseaux, on écoute les paroles » (I, 177-178).

Ovide ajoute que l’on évite tout mot de mauvais augure et que l’on s’efforce de parler joyeusement.

Sur les strenae :

« Pourquoi offre-t-on des dattes, des figues et du miel ? »

Janus :

« Pour que l’année soit douce dès son seuil » (I, 185-190).

Il ironise ensuite sur l’évolution des cadeaux :

« Autrefois on préférait le miel à l’or ; aujourd’hui l’or l’emporte. »

Ce long passage est considéré par les spécialistes (notamment Peter Wiseman, The Myths of Rome, 2004, et Carole Newlands, Playing with Time: Ovid and the Fasti, 1995) comme un mélange habile de tradition religieuse authentique et de création poétique, mais les détails rituels correspondent aux pratiques attestées ailleurs.

2. Varron et l’explication étymologique et rituelle

Varron (Ier siècle av. J.-C.), dans De lingua Latina (VI, 3-4 et VII, 26), fournit un témoignage savant et précis : il explique que les Calendes sont ainsi nommées parce que les pontifes y annonçaient (calare) les dates des nones. Le 1er janvier, jour des Calendes par excellence, marque donc le début officiel du mois et de l’année civile.

Sur Janus :

« Janus est invoqué en premier parce qu’il préside aux commencements ; son nom vient de ire (aller), car il est le passage. »

Ces explications étymologiques, bien que discutées, reflètent une tradition érudite romaine très ancienne.

3. Macrobe, Les Saturnales : description des cérémonies publiques sous l’Empire

Macrobe écrit au Ve siècle ap. J.-C., mais s’appuie sur des sources plus anciennes. Dans Saturnales (I, 9, 8-10), il décrit les rites officiels du 1er janvier :

« Les consuls, après avoir pris leurs faisceaux, montent au Capitole ; ils offrent d’abord un sacrifice à Janus, puis à Jupiter. Ils prononcent les vœux pour le salut de l’État (pro salute rei publicae). Si l’année précédente s’est déroulée en paix, ils renouvellent les vœux anciens ; sinon, ils en formulent de nouveaux. »

Ce témoignage, bien que tardif, correspond aux pratiques républicaines et impériales connues par d’autres sources.

4. Suétone, Martial et les témoignages impériaux sur les strenae

Suétone, dans la Vie d’Auguste (57) :

« Le jour des Calendes de janvier, Auguste recevait des étrennes (strenae) de la part de tous, même des gens du peuple. Certains offraient des pièces de monnaie portant son effigie, d’autres des cadeaux plus précieux. Il en tirait parfois des sommes considérables. »

Martial, dans plusieurs épigrammes (notamment X, 24 et XIII, 27), décrit les cadeaux offerts aux patrons le matin du 1er janvier : miel, dattes, pièces neuves, petits objets précieux. Il ironise sur la course aux étrennes et sur l’espoir d’en recevoir en retour. Stace (Silves, IV, 1) célèbre, sous Domitien, le jour des Calendes comme un moment de joie collective où l’on échange vœux et cadeaux.

5. Synthèse des croyances populaires à travers les sources

Une lampe à huile (50-100 de l’ère actuelle) portant la salutation latine Annum Novum Faustum Felicem (« Bonne et heureuse année ») et représentant une Victoire ailée accompagnée de symboles du Nouvel An, dont une pièce de monnaie à l’effigie de Janus.

Toutes ces sources convergent sur quelques points constants :

  • Le 1er janvier est un jour d’optimisme rituel : on cherche à placer l’année sous de bons auspices en évitant tout ce qui pourrait attirer le malheur.
  • Les échanges de vœux et de cadeaux (strenae) sont universels, des plus humbles citoyens jusqu’à l’empereur.
  • Le culte public (sacrifices, vœux des magistrats) et le culte privé (décorations, repas, visites) se complètent pour marquer un véritable renouveau collectif.

Comme le résume Jörg Rüpke dans Religion in Republican Rome (2012) :

« Les Calendes de janvier n’étaient pas une fête bruyante comme les Saturnales, mais un jour de transition solennelle, où l’État et les individus cherchaient ensemble à assurer la continuité et la prospérité. »

Le 1er janvier, jour des Calendes de janvier dans la Rome antique, n’est pas seulement une date civile arbitraire, mais une célébration profondément enracinée dans les traditions romaines, elles-mêmes héritières de l’aryanisme. Introduit définitivement comme début de l’année par la réforme julienne de 46 avant l’ère vulgaire, ce jour est consacré à Janus, dieu des commencements et des transitions, dont le culte remonte aux origines aryennes de la religion romaine : Janus, avec son double visage symbolisant le passage du temps, évoque des divinités archaïques de transitions et de portes trouvées dans d’autres cultures européennes comme les figures liminales dans les mythes védiques ou celtiques. Les rituels romains – sacrifices pour une année prospère, échanges de strenae (cadeaux porte-bonheur) et vœux auspicieux – perpétuaient des pratiques de renouveau saisonnier et temporel typiques des sociétés aryenne, où le début de l’année marquait un seuil symbolique entre chaos et ordre, passé et avenir. Ainsi, nos célébrations modernes du Nouvel An, avec leurs résolutions et leurs espoirs de renouveau, prolongent directement cet héritage romano-aryen de transition et d’optimisme.

Sources :

  • Ovide, Fastes (Fasti), Livre I, vers 63-288 (principal témoignage sur Janus et les rites du 1er janvier).
  • Varron, De lingua Latina (De la langue latine), livres VI et VII (explications étymologiques et rituelles sur les Calendes et Janus).
  • Censorinus, De die natali (Du jour natal), chapitre 20 (description du calendrier romain primitif et des réformes).
  • Plutarque, Vie de Numa (Vies parallèles), chapitres 18-20 (réforme attribuée à Numa et culte de Janus).
  • Tite-Live, Périochae (Résumés), livre 47 (déplacement de l’année consulaire en 153 av. J.-C.).
  • Macrobe, Saturnales (Saturnalia), Livre I, chapitres 9 et 14 (rituels publics des consuls et réforme julienne).
  • Suétone, Vie d’Auguste (Vies des douze Césars), chapitre 57 (strenae sous l’Empire).
  • Martial, Épigrammes (Epigrammata), notamment livres X et XIII (description des étrennes et visites du 1er janvier).
  • Stace, Silves (Silvae), Livre IV (célébration des Calendes sous Domitien).
  • Symmaque, Lettres (Epistulae), notamment X, 35 (référence au lucus Streniae et aux branches porte-bonheur).
  • Festus, De la signification des mots (De verborum significatu), entrée « strenae » (origine sabine des étrennes).
  • Virgile, Énéide, Livres I et VII (allusions au temple de Janus et à ses portes).
  • Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre XVIII (mentions des pratiques calendaires).
  • Dion Cassius, Histoire romaine, Livre XLIII (réforme julienne de César).

Études universitaires modernes citées :

  • Agnes Kirsopp Michels, The Calendar of the Roman Republic (Princeton University Press, 1967).
  • Jörg Rüpke, The Roman Calendar from Numa to Constantine: Time, History and the Fasti (Wiley-Blackwell, 2011).
  • Denis Feeney, Caesar’s Calendar: Ancient Time and the Beginnings of History (University of California Press, 2007).
  • Georges Dumézil, La Religion romaine archaïque (Payot, 1974).