La Rédaction
Démocratie Participative
\n30 septembre 2026
ACTUALITÉ : Interrogé lundi à bord de l’avion papal sur la montée de l’extrême droite en Allemagne, le pape Léon XIV a déclaré que son alliance avec « une certaine forme de religion » ne constituait « pas une expression authentique du christianisme ».
Les valeurs de l’Évangile, a-t-il ajouté, « ne reposent pas sur la haine et la division ».
NEW: Asked aboard the papal plane Monday about the rise of Germany’s far right, Pope Leo XIV said its fusion with “a certain kind of religion” is “not an authentic expression of Christianity.”
The values of the Gospel, he said, “are not about hatred and division.” pic.twitter.com/7eVbnWBEVJ
— Christopher Hale (@ChristopherHale) September 29, 2026
Crux Now :
De nombreuses positions de l’extrême droite concernant l’enseignement chrétien ainsi que la place et le rôle de la foi chrétienne dans la vie publique ne constituent pas une « expression authentique du christianisme », a déclaré lundi le pape Léon XIV.
Le pontife répondait à une question de Ludwig Ring-Eifel, de KNA, un important média catholique allemand, lors de la conférence de presse organisée à bord de l’avion qui le ramenait de France à Rome.
Ring-Eifel a interrogé Léon XIV sur son analyse du déclin continu de l’Église catholique en Allemagne et de « l’ascension étonnante des partis extrémistes » dans le pays.
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté au début du mois près de 44 % des voix dans le Land de Saxe-Anhalt et a également obtenu de bons résultats lors d’autres élections régionales, notamment dans la capitale, Berlin.
L’AfD est principalement implantée dans l’ancienne Allemagne de l’Est et a été accusée de soutenir des néonazis. Elle a même été mise à l’écart par d’autres partis de droite en Europe, notamment le Rassemblement national (RN) français, dirigé par Marine Le Pen.
Dans sa réponse à Ring-Eifel, le pape Léon a déclaré que le recul de la pratique du christianisme en Allemagne pourrait être lié à la progression de l’extrême droite.
Je dois dire que je n’avais encore jamais entendu cette explication.
« Il serait intéressant d’étudier et d’analyser s’il existe une relation, et de quelle manière, par exemple entre la croissance de ces groupes d’extrême droite — alors même que l’extrême droite est aujourd’hui en train de se fragmenter, comme vous pouvez le constater, puisqu’un groupe particulier devient encore beaucoup plus extrême que d’autres groupes qualifiés d’extrême droite — », a déclaré le pape aux journalistes.
« Dans le même temps, on observe une certaine expression combinant ces positions d’extrême droite avec une certaine forme de religion qui, non seulement selon moi, mais également selon les responsables de l’Église catholique et de l’Église protestante en Allemagne, qui se sont exprimés à ce sujet, ne constitue pas une expression authentique du christianisme », a-t-il poursuivi.
« J’espère profondément — et j’espère que l’Église pourra également y contribuer — que nous pourrons trouver des moyens d’aller à la rencontre d’une majorité de personnes de bonne volonté qui comprendront combien leur engagement, y compris leur participation aux processus politiques, est important et leur permettra de faire des choix clairs en faveur du bien commun plutôt que d’idées extrémistes susceptibles de causer bien davantage de dégâts que nous n’en avons peut-être conscience actuellement », a déclaré Léon.
« Il nous appartient, en tant qu’Église, à travers la doctrine sociale de l’Église, de parler, d’enseigner et de prêcher ce que nous considérons comme des valeurs porteuses de vie, plutôt que la destruction, la division et la haine », a-t-il ajouté.
L’Église catholique était antiraciste et immigrationniste, on le savait, mais on ignorait encore qu’elle était antifa.
Voilà qui est clarifié.
Le pape Léon a toutefois remis en question l’idée selon laquelle l’Église serait « en train de mourir » en Allemagne.
« On a dit cela de la France par le passé », a fait remarquer Léon, « et pourtant nous avons vu ce qui s’est produit au cours des quatre derniers jours », durant lesquels les foules ont été nettement plus importantes que prévu et où se sont manifestées de puissantes et émouvantes démonstrations de dévotion populaire.
« Je crois que si nous retrouvons un véritable esprit missionnaire et la bonne manière de procéder, il existe encore en Allemagne beaucoup, beaucoup de personnes qui souhaitent vivre et célébrer leur foi chrétienne et catholique », a déclaré Léon.
« Je suis optimiste à ce sujet, même si je reconnais les problèmes et les différentes causes qui ont très durement frappé l’Église. Mais elles ont également très durement frappé — si vous voulez — l’Église évangélique ou protestante, et elles ont touché la société à peu près de la même manière », a déclaré Léon. « Mais j’espère véritablement que nous pourrons aller à la rencontre des gens. »
Le pape des migrants prêche pour sa paroisse, mais ces rassemblements en France sont toujours plus ou moins de la même ampleur. En 1997, Jean-Paul II avait attiré environ un million de personnes pour une messe célébrée à Longchamp, contre 800 000 pour celle donnée à Paris par Léon XIV. À Metz, on a compté 35 000 participants ce lundi. François avait réuni environ 50 000 personnes au Vélodrome de Marseille. En outre, ces rassemblements ont un public international.
Le culte de la personnalité autour du pape remplace la pratique et dispense d’une cohésion doctrinale qui a largement disparu. Dans cette église, des évêques pro LGBT voisinent avec des traditionnalistes, d’ailleurs isolés, et même les lefebvristes, pourtant excommuniés, cèdent volontiers à ce culte tout en ne partageant rien de ce que fait et dit le pape. Cette confusion n’est pas un hasard, mais une pratique démocratique délibérée qui vise à cultiver diverses niches autour du leader suprême.
La seule façon de mesurer l’état du christianisme ou du catholicisme quelque part est simple : la participation à la messe hebdomadaire, et si on veut être moins exigeant à une messe mensuelle. On doit ensuite étudier l’identification des personnes au plan religieux.
De ce point de vue, nous ne voyons qu’un effondrement continu.
- 1 Français sur 20 (2,7 millions) va à la messe en 2025 contre 1 sur 3 en 1960
- 46% des Français se déclarent catholiques en 2025 (87% en 1972)
- 23% des 18-24 ans se déclarent catholiques en 2025 (contre 62% chez les 65 ans et plus)
- On compte 186 000 baptêmes en 2025 (contre 513 000 en 1980)
Les personnes se déclarant sans religion sont désormais 37,5% en France, dont :
- 58% chez les 18-29 ans
- 55% chez les 30-39 ans
Ce méchant pape se doit d’afficher un optimisme de rigueur, mais les données structurelles sont claires. Les nouvelles générations sont très majoritairement sans religion et ce fossé n’a de cesse de croître.
Le christianisme a son avenir derrière lui en Europe, a fortiori dans sa forme catholique.
Et justement, c’est ce qui intéressant ici : Léon XIV ne s’intéresse pas aux franges de la droite européenne qui continuent de se revendiquer du christianisme sous le poids de l’inertie propre aux partis réactionnaires. Au contraire, comme François avant lui, il s’en distancie ostensiblement, appelle au front antiraciste, y compris électoralement, et déclare, en toute cohérence d’ailleurs, que le mouvement du rabbin de Galilée est fondamentalement incompatible avec l’opposition à l’immigration non-blanche et à l’islamisation.
L’Église catholique mise exclusivement sur l’immigration non-blanche et tous ceux qui s’y opposent sont ses ennemis. C’est clair, net et précis et aucun coupeur de cheveux en quatre ne peut prétendre que ces déclarations sont “incomprises” ou “mal interprétées”.
Le pape des migrants et nous-mêmes sommes au moins d’accord sur ce constat.
Pour ma part, je ne m’invite pas là où je ne suis pas le bienvenu. Quand on constate que même les traditionnalistes sont traités comme des chiens galeux par ces évêques, curés et papes, on ne voit pas ce qu’on irait y faire.
Je ne me sentirais de toute façon pas à l’aise dans une église où s’affairent des curés et adeptes nègres, et encore moins dans une organisation religieuse qui prétend qu’ils ont une âme, et pire une âme égale à celle de l’homme blanc.
C’est absurde.
Au delà de ça, la jeunesse blanche ne s’y intéresse pas, n’ayant pas de raison particulière de croire à ces histoires abrahamiques à dormir debout. Or, la jeunesse, aussi désoeuvrée soit-elle, reste l’avenir. C’est donc à l’après qu’il faut penser, pas à ce mouvement foncièrement juif, sans-frontiériste, étranger à l’Europe blanche. Que cette greffe échoue malgré quinze siècles de tentative résume tout de cette incompatibilité.
Laissons les vieux s’endormir avec leur opium et regardons l’horizon enfin dégagé de ces nuées sémitiques. C’est bien plus ambitieux et tout est à faire ou presque.
Démocratie Participative Le site le plus censuré d'Europe