La Rédaction
Démocratie Participative
\n12 septembre 2025

Si Bolsonaro avait mené un véritable coup d’état, exécuté ses opposants au lieu de ramper aux pieds de Netanyahu, peut-être aurait-il pu échapper aux tribunaux de la gauche ?
RTS :
Par quatre voix contre une, la Cour suprême a déclaré coupable l’ex-président brésilien (2019-2022), 70 ans, le condamnant à 27 ans et trois mois de prison.
Il a été reconnu chef d’une “organisation criminelle” ayant conspiré pour assurer son “maintien autoritaire au pouvoir” après sa défaite face au président de gauche actuel, Luiz Inacio Lula da Silva, lors de l’élection de 2022.
“Ils appellent cela un procès alors que tout le monde connaissait le résultat avant même que cela commence”, a réagi sur le réseau social X Flavio Bolsonaro. Le fils aîné de l’ex-président a fustigé une “suprême persécution”.
Jair Bolsonaro clame de son côté son innocence. Il était jugé avec sept anciens proches collaborateurs, dont plusieurs ex-ministres et généraux. Selon l’accusation, le complot prévoyait notamment l’assassinat de Lula et ne s’est pas concrétisé faute de soutien de la hiérarchie militaire.
L’incompétence mérite toujours d’être sévèrement punie.
Que Lula respire encore le prouve.
Inéligible jusqu’en 2030 et assigné à résidence à Brasilia depuis début août pour des soupçons d’entrave à son procès, Jair Bolsonaro n’était pas présent aux audiences, pour motif de santé, selon sa défense.
C’est la première fois qu’un ancien chef de l’Etat brésilien est jugé pour un projet présumé de coup d’Etat depuis la fin de la dictature militaire (1964-1985). Le procès divise fortement une opinion brésilienne ultra-polarisée.
Jair Bolsonaro garde “la tête haute pour affronter cette persécution, parce que l’histoire montrera que nous sommes du bon côté”, a réagi le sénateur Flavio Bolsonaro, son fils aîné, devant le domicile de son père à Brasilia.
Le camp conservateur va mettre “toutes ses forces” pour “unir le Parlement” autour d’un projet d’amnistie incluant son leader, a-t-il affirmé.
Dans le même temps, avec la condamnation de l’ex-président, la bataille devrait s’accélérer pour le leadership à droite en vue de la prochaine présidentielle.
La défense de l’ancien président a annoncé qu’elle allait déposer des recours, “y compris au niveau international”. Un seul juge a pourtant voté pour l’acquittement, Luiz Fux, qui a évoqué un manque de preuves. L’argumentaire a provoqué la colère de Lula, qui a asséné sur le média local Band que “Bolsonaro a tenté de mener un coup d’Etat dans ce pays”. “Il y a des dizaines, des centaines de preuves”, a-t-il lancé.
Avec une popularité renforcée par les attaques américaines, le président brésilien, âgé de 79 ans, affiche son intention de briguer un nouveau mandat l’an prochain, se posant en champion de la “souveraineté” brésilienne.
Il a lui-même été incarcéré en 2018-2019 pour corruption passive et blanchiment. Sa condamnation a ensuite été annulée pour vice de forme.
Da Silva a au moins pour lui de ne pas s’être vendu à Tel Aviv.
Tant et si bien que cette condamnation n’est finalement pas si terrible pour le Brésil.

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